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INTERPRÉTATION À LA CLARINETTE JOUER DE LA CLARINETTE - INTERPRÉTER LA MUSIQUE
APPRENDRE LA CLARINETTE - TECHNIQUE DE LA CLARINETTE BONNE POSITION DU CORPS La première chose à accepter, lorsqu'on se lance dans l'étude de la clarinette, est qu'il faut jouer dans une position naturelle. Dans le cas contraire, la qualité du jeu sera diminuée à plus ou moins long terme et des pathologies pourraient même s'installer. ÉLÉMENTS DU MÉCANISME Maîtriser la technique de la clarinette demande des années et des années d'exercice et d'efforts réguliers : il faut apprendre à respirer, à contrôler son souffle, se familiariser avec les éléments du mécanisme. L'étude doit se faire avec une progressivité tranquille et parfaite. "Festina lente" disait le proverbe latin : "Hâte toi lentement". Il faut travailler les DOIGTÉS (*) encore et toujours afin d'obtenir l'automatisme libérateur. Nous ne saurions que trop recommander le travail lent, executé dans une mesure et une netteté impeccable, sur les gammes, arpèges, et autres exercices, avant d'augmenter progressivement la vitesse. Tous les exercices seront travaillés comme s'ils étaient des morceaux de musique, en soignant la musicalité dès ce premier stade. LE TIMBRE Aussi tôt que possible, le clarinettiste tentera d'obtenir d'obtenir un bon contrôle du son. Ce travail sera amélioré par l'étude de gammes liées ou détachées et de chants larges. Le plus beau timbre de clarinette unit l'éclat au moelleux, la force à la douceur. Pour obtenir un joli timbre, il faut filer des sons, des heures durant... En même temps l'intrumentiste essaiera d'acquerir sa propre sonorité : Il la voudra limpide, ronde, chaleureuse, empreinte de sensibilité, et autant que faire se peut, originale. ÉCOUTER - S'ENREGISTRER Une règle d'or en musique est de savoir écouter. Ecouter son propre son d'abord ; sa mise en place ; ses qualités et surtout ses défauts. En orchestre, il faut s'attacher à écouter l'autre ! Rechercher l'harmonie... Par la suite il ne faut pas hésiter à s'enregistrer... L'enregistrement en studio, ou autre, permet de s'écouter, mais entendu de l'extérieur. L'enregistrement ne pardonne rien et se révèle, passé un certain niveau, une extraordinaire méthode pour progresser. EFFETS ET NUANCES DANS L'ART D'INTERPRÉTATION L'art de l'interprétation va faire appel - parmi une foule de procédés expressifs - à des effets et à des nuances. En voici quelques uns : EFFETS : Coulé : Dans les notes coulées, le clarinettiste doit s'appliquer à enchaîner les notes sans que l'on puisse déceler la moindre séparation. Les notes sont complètement liées. Détaché et Staccato : On distingue différentes sortes de détachés s'échelonnant du détaché dans le son au staccato. Louré : Entre lié et détaché. Le louré est une forte accentuation imprimée au son sans pour autant cesser de le lier. Vibrato : Variation très rapide du son provoquant un effet dramatique. Le vibrato doit s'accentuer en fin de phrase, sans jamais aller jusqu'au chevrôtement. Le vibrato s'emploie dans les motifs expressifs et peut se révéler particulièrement émouvant. Glissando : Passage dans la continuité d'une hauteur à l'autre, produisant un effet de "fusion" d'une note dans l'autre. En jazz Barney BIGARD est le grand spécialiste du glissando, avec des effets de très bon goût et vraiment saisissants. Comment effectuer un glissando ? Le
glissando est réalisé en synchronisant travail du son
au niveau du bec, et ouverture ou fermeture très progressive
de la clef sur la note d'arrivée. Appogiature : L'appogiature est une note d'ornement, étrangère à l'harmonie qui l'accompagne. Elle prend sa durée sur celle de la note qui la suit. On doit l'accentuer au début pour la diminuer ensuite. Mordant : Le mordant est un trille très court sans terminaison, un ornement entre appogiature et trille. Trille : Lle trille est un ornement consistant en une alternance très rapide et régulièrement deux notes voisines. Pour executer certains trilles très difficiles, le clarinettiste aura recours à des doigtés auxilliaires. Le trille doit être brillant et souple, vif et aerien. Pour que les deux notes aient la même intensité, s'appliquer à appuyer un peu plus le doigt sur la note brodée. De par sa très large plage de dynamique, la clarinette autorise une infinité de nuances. Ce sont les nuances qui font vivre la musique. Les nuances sont étroitement liés à l'art et à la sensualité. Elles sont comme l'éclairage d'un tableau, avec ses différences d'intensité, de l'extrême éclat du soleil au noir d'encre d'un ciel sans lune, en passant par les mystèrieuses lueurs du clair-obscur. Pour pouvoir nuancer, il faut bien entendu d'abord "être artiste", ressentir, avoir des milliers de choses à exprimer. Puis, pour que les doigts obéissent aux sensations, il est nécessaire de s'attacher à posséder une qualité de son égale sur toute l'étendue de la gamme pour ensuite pouvoir et savoir le moduler à volonté. Iil faut donc procéder à l'étude des sons filés. Le but à atteindre est de passer de piano à forte ou de fortissimo à pianissimo en souplesse et avec pureté. Sur une partition de clarinette, les nuances s'échelonnent du "pianissimo" au "fortissimo" : pp : pianissimo : très doucement. p : piano : doucement. mp : mezzo piano : intermédiaire entre doucement et fort. mf : mezzo forte : moyennement fort. f : forte : fort. ff : fortissimo . fff : très très fort. Lorsque l'augmentation ou la diminution de l'intensité du son s'étale sur une grande durée, on parle alors de crescendo, decrescendo ou diminuendo. rf : Le riforzendo est un crescendo plus rapide, plus brusque. ppp "dans le souffle" : c'est l'alliance du son émis par l'instrument et du souffle même du clarinettiste, lorsque celui-ci joue " pianissimo". LA MUSICALITÉ : Après ce long travail préparatoire et quelque peu scolaire, l'artiste pourra alors commencer à "jouer de la musique". Car, vous l'avez compris, il ne suffit pas d'aligner des notes - même parfaitement exécutées - pour faire de la musique : il faut transcender ce stade et utiliser sa technique pour exprimer ses émotions, et ceci dans la plus totale liberté. Après avoir analysé l'esprit global de la pièce, avoir compris et embrassé le génie du compositeur, le musicien doit s'attacher à exprimer son propre imaginaire avec sa propre sensitivité, et avec toutes les fibres de sa personnalité. Le but est de rendre la musique intéréssante, vivante. Le concertiste doit s'attacher à faire passer son propre mystère, les milliards d'émotions qu'il a à exprimer et qu'il ne sait pas dire avec des mots, à mettre une intention dans chacune de ses notes. En suggérant une phrase dans un souffle ou au contraire en l'accentuant pour la mettre en valeur, en accélérant ou ralentissant imperceptiblement un trait, en interprétant une ligne avec la plus extrême tendresse ou au contraire avec la plus violente exaspération, le clarinettiste saura donner magnétisme et couleur au dessin musical, le rendre expressif et installer ainsi son enchantement. Un dernier conseil pour un un concert de clarinette : lors de l'interprétation, il ne faut plus réfléchir, mais seulement s'abandonner (avec toute sa puissance de concentration) à ce que l’on joue, pour s'investir totalement dans le morceau. Les doigts retrouveront naturellement la magie de l'instinct. Les notes ainsi animées, c'est à dire dotées d'âme, se fondront alors dans l'harmonie universelle et pourront alors générer cette poésie cosmique si merveilleuse qu'on appelle la Musique. Rien n'est plus difficile et à la fois plus facile que de définir le feeling. Le feeling a un rapport avec la sensualité et la liberté. Liberté d'interprétation, dans laquelle le musicien pourra à sa guise jouer avec les temps et le matériau sonore. Le feeling, comme le don musical ne s'apprend pas. C'est une sensualité naturelle que l'on possède ou non et qui fait que la musique est tellement vécue "physiquement" par l'interprète, qu'elle recèle alors un immense pouvoir de communication. Un artiste qui s'exprime avec feeling envoûte son auditoire jusqu'à le prendre "aux tripes", à lui donner des frissons. Jouer avec feeling, c'est accorder ses propres vibrations au rythme musical de l'univers, en usant de toutes les ressources secrètes de sa sensitivité. Si le feeling est l'apanage des musiciens de jazz noirs, il est aussi le privilège de quelques musiciens blancs. Mais dans ce cas on dira d'eux qu'ils jouent "noir" ! Une
Musique "vraie" passe la rampe et l'émotion sincère
touche toujours le public ... Bien sûr alors, toutes les plus grandes joies seront alors offertes à celui (ou celle) qui sait jouer de la Musique !
Jean-Christian MICHEL en concert
(*) Jean-Christian MICHEL est compositeur et clarinettiste. Il a travaillé l'interprétation avec Guy DEPLUS professeur de clarinette au Conservatoire national supérieur de Paris. Jean-Christian MICHEL a joué avec les plus grands noms du jazz comme Duke Ellington, Kenny Clarke, Mezz Mezzow... En dehors de ses concerts, Jean-Christian MICHEL donne des master-class (lorsque son emploi du temps le lui permet !) Ancien chirurgien, compositeur et concertiste mondialement connu, il est sociètaire définitif de la SACEM et a obtenu le prix "Sciences et Culture" à la Sorbonne (6 prix Nobel dans le Jury). (*) Pour travailler les doigtés, il n'est pas recommandé de perdre son temps sur Internet dans des sites plus ou moins compétents. Il est indispensable de faire un travail sérieux avec un vrai professeur qui vous guidera et pourra contrôler vos progrès. A défaut se reporter à l'excellente "Méthode complète de clarinette KLOSE".
REGARDER LE [ CLIP VIDEO ] DE JEAN-CHRISTIAN MICHEL
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