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ASCENSION
AUX
NEIGES
DU KILIMANDJARO
LES
NEIGES DU KILIMANJARO - ASCENSION
KILIMANDJARO

LE
KILIMANDJARO (PHOTO DU KILIMANDJARO)
Les neiges du Kilimandjaro.
Éternelles... Pour combien de temps encore ?
SOMMAIRE DE L'ASCENSION
AU KILIMANDJARO
- NEIGES DU KILIMANJARO
LE
KILIMANDJARO - LA TANZANIE
- LES NEIGES DU KILIMANDJARO PAR
HEMINGWAY - LE
MYTHE DES NEIGES DU KILIMANDJARO -
KILIMANDJARO CHANSON -
KILIMANDJARO ET RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE
- DÉPART AU KILIMANDJARO
- KILIMANJARO
AIRPORT - MARANGU
GATE - MANDARA HUT - HOROMBO
- CONSEILS POUR L'ASCENSION DU KILIMANDJARO
- REFUGE DU KIBO
- ASCENSION DU KILIMANDJARO -
GILMONT POINT - SOMMET
DU KILIMANDJARO - UHURU PEAK
- LES NEIGES DU KILIMANDJARO - GLACIER
DU KILIMANDJARO - RETOUR A KIBO
- DEUX JOURS À MOSHI - ARUSHA
- LE KILIMANDJARO, MONTAGNE SACREE
LE KILIMANDJARO OU KILIMANJARO
Le Kilimandjaro (les anglo-saxons écrivent Kilimanjaro),
montagne mythique et remarquable pour ses neiges éternelles
flamboyant sous les tropiques,
est le sommet le plus élevé d'Afrique.
Situé au Nord de la Tanzanie,
le Kilimandjaro surplombe le Kenya de toute sa majesté.
Le Kilimandjaro ne fait pas partie d'une chaîne
montagneuse : au contraire, il se dresse en solitaire,
au milieu de la steppe africaine. Gigantesque volcan éteint,
il comporte trois cimes : le Shira à l'ouest, le
Mawenzi à l'est et le Mont Kibo, le plus haut,
au centre. Le Kilimandjaro culmine à l'Uhuru pic
à 5.895 mètres d'altitude.
Nous
verrons que le dôme du Kilimandjaro
n'est pas seulement revêtu de neiges blanches et
silencieuses, mais d'un authentique et étrange
glacier.
LES NEIGES DU KILIMANDJARO : LE LIVRE D'HEMINGWAY A INSPIRÉ
LE FILM D'HENRY KING ET LA CHANSON DE PASCAL DANEL. LA
FONTE DES NEIGES DU KILIMANJARO EST ÉVOQUÉE
PAR ERA DANS "REBORN"
L'évocation
du Kilimandjaro par Ernest HEMINGWAY dans sa nouvelle
"Les Neiges du Kilimandjaro", a largement contribué
à conférer à la "montagne de
lumière" une aura planétaire.
"LES
NEIGES DU KILIMANDJARO" - RÉSUMÉ DE
L A NOUVELLE D'ERNEST HEMINGWAY
"Un
écrivain sans le sou, Harry, et une (assez) belle
héritière Helen, sont en safari en Afrique
dans une savane proche du Kilimandjaro. Notre homme se
blesse au genou d'une banale piqure d'épine. Mais
la plaie s'infecte et la gangrène s'installe. Stupide
et désolante fatalité...
La maladie s'aggrave peu à peu, puis terriblement,
à tel point que l'homme pressent sa fin. Son inactivité
le rend dépressif et irascible... À mesure
que sa jambe se nécrose, son moral chute dans des
abysses malsaines. Son passé lui revient en flash-back,
avec ses aventures sentimentales sans suite, des souvenirs
forts liés au thème de la souffrance...
La tendresse et la sollicitude de sa compagne ne parviennent
pas à le tirer de son obsession morbide et surtout
de son angoisse de mourir en raté...
L'homme abandonne la lutte, finit par baisser totalement
les bras, et compense sa détresse à force
de whisky-sodas. Il sent maintenant la mort rôder
autour de lui, au point "d'en respirer l'haleine
fétide"...
Un
petit avion piloté par son vieux copain COMPTON,
se pose enfin pour l'emmener au plus
vite vers l'hôpital d'Arusha.
L'état de santé d'Harry se dégrade
rapidement. En un éclair, "COMPIE" saisit
qu'Harry ne supportera pas le voyage. Il détourne
alors son cap de l'itinéraire prévu.
La
traversée d'un violent orage paroxyse la situation
:
"Ils
se trouvèrent en pleine tempête, la pluie
tellement drue qu'on eut cru voler à travers une
cascade, et puis ils en sortirent et COMPIE tourna la
tête et sourit en montrant quelque chose du doigt
et là,
devant eux, tout ce qu'il pouvait voir, vaste comme le
monde, immense, haut et incroyablement blanc dans le soleil,
c'était le sommet carré du Kilimandjaro.
Et alors il comprit que c'était là qu'il
allait... "
E.
HEMINGWAY
LES
NEIGES DU KILIMANDJARO, THÈME PORTEUR
De
nombreux auteurs, cinéastes, chanteurs se sont
emparé du thème porteur des neiges du Kilimandjaro.
Il est clair que ces neiges tropicales font rêver
!
THE
SNOWS OF KILIMANJARO - CINE - FILM D'HENRY KING
"Les
Neiges du Kilimandjaro", dont fut tiré le
film d'Henry KING "The Snows of Kilimanjaro"
avec Gregory PECK et Ava GARDNER, mêle souvenirs
et aventures puisés dans les nombreux voyages de
l'auteur. La version cinématographique des neiges
du Kilimandjaro (1952 !) est certes un peu vieillote avec
une surabondance de clichés. Aussi vaut-il mieux
en rester à la nouvelle d'HEMINGWAY, dont est tout
à fait bouleversante dans sa simplicité.
(Plus de détails sur le film d'Henry KING dans
Wikipedia Chercher KILIMANDJARO WIKI).
KILIMANDJARO CHANSON - KILIMANJARO LYRICS
LES
NEIGES DU KILIMANDJARO, CHANSON DE PASCAL DANEL
Notons
ainsi pour mémoire que le roman d'HEMINGWAY et
le film ont inspiré la chanson de Pascal
DANEL "Les neiges du Kilimandjaro". La chanson
"Kilimandjaro" sortie en 1966 a connu un succès
international, avec une reprise de près de 200
versions dans le monde. Pascal DANEL fut disque de platine
en France avec cette chanson. Les paroles (lyrics) de
la chanson "Les Neiges du Kilimandjaro" de Pascal
DANEL figurent sur de très nombreux sites Internet
de "LYRICS" et de Karaoké.
"la
chanson Les neiges du Kilimandjaro" de Pascal DANEL
a été reprise par d'autres chanteurs français,
comme C. JEROME, Alain BARRIERE, Jean-Luc LAHAYE, Hervé
VILLARD, voire de sympathiques inconnus comme Benjamin
TOUMELIN. Pascal DANEL se produit actuellement dans la
tournée "AGE TENDRE
ET TETES DE BOIS". Jean FERRAT a également
chanté le Kilimandjaro.
KILIMANDJARO,
DANS "REBORN" PAR ERA
L'album
Reborn,
d'Era,
ce groupe qui s'était rendu célèbre
par ses chœurs, est sorti
chez MERCURY, UMI en 2008. Le titre principal est
une chanson New-Age, qui comme beaucoup de ritournelles
de ce style fait référence sans grande originalité
à l'écologie naïve et bien-pensante.
Cette chansonnette évoque la fonte prochaine des
neiges du Kilimandjaro...
KILIMANDJARO ET RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
Certes
hélas, il n'est pas impossible que ces neiges légendaires
viennent à disparaître un jour... Encore
un argument largement exploité par la meute des
"réchauffistes". Pourtant, des théories
scientifiques haut de gamme très récentes
tendraient à prouver aujourd'hui que la sublimation
des neiges du haut galacier africain du Kilimandjaro serait
dû au seul rayonnement solaire et non à
l'influence du réchauffement climatique général
; que par ailleurs ce sont les précipitations neigeuses
qui assureront la survie du glacier, l'élévation
de la température terrestre n'étant qu'un
paramètre négligeable.
RÉCHAUFFEMENT
CLIMATIQUE DE LA PLANÈTE Soyons
sérieux : si la planète semble souffrir
de dérèglements climatiques, l'élévation
thermique de la terre est due plus probablement à
des cycles solaires. On retouve à différentes
époques du passé, (où ni industrie
ni automobile n'existaient encore) des cycles de sécheresse
et de glaciation, n'ayant rien à voir avec les
émissions de CO2, gaz par ailleurs indispensable
au développement végétal. Les scientifiques
et les spécialistes du climat sont beaucoup plus
sceptiques qu’on ne le dit sur la thèse du
réchauffement climatique et souscriraient volontiers
à la théorie d’une "pensée
unique" sur ce sujet (une énorme affaire de
fraude au réchauffement climatique, prouvant que
les statistiques ont été trafiquées,
vient d'ailleurs d'exploser (Figaro 22 01 2009).
Car
la protection légitime de la faune et de la flore
prend une dimension inquiétante sous la houlette
des maîtres du "Nouvel Ordre Mondial".
En effet, une invraisemblable dérive des esprits
conduit à une divinisation de la nature de style
"New Âge" pour le moins pas très
catholique !
|

Copenhague 2009, 10 ans après :
Tous à poil à cause du réchauffement
climatique, ou par le fait de
nouvelles taxes
écologiques ? |
La
"Sauvegarde-de-la-planète-par-réduction-des-gaz-à-effet-de-serre",
nouvelle incantation écologique alarmiste, dont
on nous rebat les oreilles tous les jours, avec courbes
"scientifiques" et ours polaires à l'appui,
se psamodie comme celle d'une nouvelle religion à
but fédérateur mondial, destinée
à des ouailles toujours prêtes à avaler
les meilleures couleuvres inventées "pour
leur bien" : bien entendu, ceux qui ne souscrivent
pas au système sont des "irresponsables",
qui auront bien mérité d'être brûlés
comme "hérétiques" sur l'autel
du "Nouvel Ordre Mondial" ("Nouvel Ordre
Mondial" = démocratie en Novalangue) !
Le
mauvais sort promis aux climatosceptiques a bien peu à
voir avec le respect de l'ancienne démocratie comme
libre choix des peuples, pas plus qu'avec la réflexion
scientifique.
|
Qui
oserait dire en effet que l'Écologisme du réchaffement
climatique, paré de si bonnes intentions et qui
lave plus vert que vert, pourrait servir de cathéchisme
à de nouveaux intérêts politiques
et financiers ?
Le
"réchauffement de la planète"
ne chercherait-il pas plutôt à détourner
l'attention des réels et graves problèmes
économiques actuels, à instaurer un protectionnisme
déguisé à l'encontre de la redoutable
concurrence des pays émergents, et... à
vendre des "énergies propres" et autres
centrales atomiques ?
Le
rechauffement climatique est une invention des impots
: quoi qu'il en soit, il est un fait que le totalitarisme
de "l'Écologie catastrophiste" du réchauffemnt
climatique est aujourd'hui le vecteur "naturel"
pour amener des citoyens soigneusement conditionnés
par un abrutissement télévisé journalier,
à AIMER les taxes qu'on leur administre
chaque jour un peu plus.
Les
brillantes élucubrations de nos "élites"
politico-médiatiques pour nous "vendre"
leurs "écotaxes" et nous enfumer à
la "taxe carbone pour sauver la planète",
dissimulent mal cette nouvelle prédation qu'est
l'impôt sur l'énergie. À quand
une taxe sur l'air que l'on respire ? Ce qui est en danger
n'est pas le climat, mais bien la liberté : alors,
oui à la nature, mais merde à l'Evangile
écologique.
ASCENSION
DU KILIMANDJARO : LE MYTHE DES NEIGES DU KILIMANDJARO
Les
neiges du Kilimandjaro portent toujours
dans l'imaginaire collectif
leur part de fascination et de rêve... Comme beaucoup
d'admirateurs d'Ernest HEMINGWAY, et fou de voyages, de
découvertes et d'explorations, j'ai voulu bien
sûr, connaître les neiges
du Kilimandjaro.
C'est
pourquoi, mon amie et moi, avons-nous décidé
de faire cette ascension mythique. Nous n'avons pas été
déçus : Bien au contraire, le prodigieux
et mystérieux glacier qui
protège le sommet de ses
neiges argentées, s'est révelé une
surprise au delà de nos espérances.
LA
TANZANIE - TREKKINGS EN TANZANIE - SAFARIS EN TANZANIE
Le
Kilimandjaro a été pour nous, parallèlement
à la quête de la symbolique de ses neiges,
l'occasion de découvrir un tout petit peu la Tanzanie
et de passer deux jours à Moshi et Arusha.
Située
à l'Est de l'Afrique en hémisphère
Sud, sur les rives de l'océan Indien, la Tanzanie
est délimitée au nord par le Kenya et l'Ouganda,
ceinturée à l'ouest par le Rwanda, le Burundi
et le Congo. Elle est bordée au sud-ouest par la
Zambie et le Malawi, et circonscrite au sud par le Mozambique.
La
Tanzanie, ne possède pas seulement le charme de
ses paysages admirables : elle est aussi un des berceaux
de l'humanité. Des sites historiques et culturels
exceptionnels, comme KONDOA IRANGI, recèlent des
peintures rupestres, véritables trésors
qui datent de plus de 3.00O ans.
La
Tanzanie comporte plusieurs volcans, dont un seul est
encore en activité, le Ol Doinyo Lengaï. Celui-ci
est relativement peu élevé, puisque son
cratère atteint à peine les 2.890 m.
Le Kilimanjaro, s'est éteint depuis bien longtemps,
certainement plusieurs millions d'années. Son prestige
de "Toit de l'Afrique" participe à sa
légende. Aussi l'ascension du Kilimanjaro draine-t-elle
chaque année des milliers de randonneurs. Accéder
aux neiges du Kilimanjaro est considéré
à juste titre comme le must des trekkings
en Tanzanie.
Le
Parc National du Kilimandjaro, s'étend
au nord de la Tanzanie, tout autour
du prestigieux sommet entre Moshi et la frontière
du Kenya.
Le
gouvernement tanzanien a développé une importante
activité touristique, basée principalement
sur les safaris, safaris-photos, et trekkings. Les ascensions
du Kilimanjaro, du Mawensi, ou même des itinéraires
très simples, comme celui du mont Meru sont organisés
par des agences spécialisées.
PRÉPARATIFS
DE DÉPART POUR L'ASCENSION DU KILIMANDJARO
Mon
amie et moi, choisissons de partir hors saison, pour éviter
le flot de touristes. Tenant compte évidemment
du risque d'intempérie inhérent à
la "saison des pluies". Comme d'habitude, nous
irons sans faire appel à un tour operator, car
la part d'aventure est toujours un "plus" dans
n'importe quel voyage.
Nous nous contentons de réserver un hôtel
tout près du parc du Kilimandjaro, "Kilimanjaro
National Park", et engageons un guide à contre
cœur, car sa présence nous est imposée
par le gouvernement tanzanien. Quelques
jours pour assurer ces contacts par e-mail, téléphone
et Fax ; une matinée à Marseille, pour effectuer
les indispensables vaccinations, fièvre jaune,
hépatite etc., et il ne reste plus qu'à
compiler chaussures et affaires de montagne pour tenter
l'escapade.
J'ai choisi de prendre la voie Marangu, voie normale
du Kilimandjaro. Pourquoi ? Parce qu l'arrivée
par KILI-AIRPORT est l'approche la plus directe ; parce
que la voie Machame n'est pas spécialement plus
difficile ni intéressante : mais plus longue, et
nous n'avons pas beaucoup de temps. L'ascension du Kilimandjaro
n'est pas une "course de haute montagne", avec
escalade et couloirs de glace, mais une longue marche
sur un sentier, et notre désir est tout simplement
d'atteindre le haut lieu auréolé de son
illustre nimbe de neige. Enfin, détail important,
la voie Marangu propose des huts convenables (nom donné
à ces refuges simples, propres et peu coûteux.
Cf. lodges au Népal), et comme personnellement,
j'ai horreur de dormir sous la tente...
Voici
le carnet de route de ce court trekking d'accès
aux neiges du Kilimandjaro.
KILIMANJARO
AIRPORT - CAPRICORN
HÔTEL À MOSHI
Notre
voyage commence par une banale nuit d'hôtel à
Nice, d'où un Airbus nous transfére à
Amsterdam. Après quelques heures d'attente à
lanterner dans les tax-free shops de l'aérogare,
nous nous envolons vers la Tanzanie. Comme chaque fois
bien sûr, nous nous réjouissons de connaître
un nouveau pays, une autre culture !
Nous
arrivons à Kili Airport à 21 h. : Touristes
et randonneurs abondent dans cette région recherchée
d'Afrique. Le parc national du Kilimandjaro attire chaque
année plus de 20 000 visiteurs. Aussi, un aéroport
spécial, KILIMANJARO INTERNATIONAL AIRPORT, a été
aménagé par la ville d'Arusha, au portes-même
des parcs du Kilimandjaro et du Serengeti.
Il
fait chaud, mais avec une température presque agréable,
contrastant avec la moiteur étouffante que j'ai
connue à l'occasion de mes tournées
de concerts en Afrique. Sur ce haut plateau tanzanien,
l'air est relativement doux, car nous sommes, en effet,
à près de 2.000 métres d'altitude. |
| 
Capricorn
Hotel, Marengu Base |
Des
interminables palabres règlent les formalités
de police, carnets sanitaires et douane. Un Range Rover
réservé par l'hotel nous drive en une heure
et demi, à Marengu Base. Nous avons en effet réservé
là notre chambre, au Capricorn Hotel, à
vingt Kms de Moshi, et au seuil-même du parc du
Kilimandjaro.
Après une nuit de guerre anti-moustiques, menée
à coup de répulsifs et de claques plus ou
moins réussies sur les attaquants, nous nous réveillons
un tant soit peu fatigués. Probablement sans doute,
aussi à cause du décalage horaire. Pour
nous remonter, nous allons prendre un bon petit déjeuner
à l'anglaise, coupé de délicieux
fruits exotiques... |
| Mais
nous sommes venus ici pour faire l'ascension du Kilimandjaro,
pas spécialement pour lézarder ! Et c'est
l'heure de démarrer : Notre guide, BRYSON, sapé
comme un lord partant en expédition
en Himalaya, vient d'arriver pour nous conduire à
Marengu Gate, à l'orée du parc du Kilimanjaro.
Si
nous avons pris un guide, contrairement à notre
habitude, c'est qu' ici, le guide est OBLIGATOIRE !
(bien que la voie d'accès au sommet du Kilimandjaro,
sentier escarpé et raide, mais bien balisé
et sans aucune difficulté, ne nécessite
pas spécialement la présence d'un
simple accompagnateur)
Il
faut savoir que tout est fait en Tanzanie pour soulager
le portefeuille du candidat aux neiges éternelles
: Guide, mais aussi cuisinier et porteurs sont obligatoires
pour avoir droit à faire l'ascension du Kilimandjaro.
L'accès au parc national du Kilimanjaro est bien
entendu payant (700 euros), avec en sus un permis de trek,
une taxe journalière de séjour, une taxe
de camping, sans oublier, la taxe de secours...
Il n'y a pas lieu de s'en indigner : Le président
NYERERE a voulu "faire de son mieux", selon
sa propre expression, pour donner du travail à
tout le monde !

Le
président Julius K. NYERERE
MARANGU
GATE (1860 m.) PARC NATIONAL DU KILIMANDJARO :
KILIMANJARO NATIONAL PARK TANZANIA - MANDARA HUT
(2.700m - samedi)
L'entrée
du Parc National du Kilimandjaro, ou Kilimanjaro National
Park, ou encore "Marangu Gate", est assez fastueuse.
Son imposante porte d'entrée en bois est déclinée
dans le style d'architecture rustique des "huts",
ces gîtes charmants où nous dormirons tout
au long de notre ascension. Nous apprécions le
large jardin d'agrément, aménagé
avec goût et élégance, qui s'étale
devant nous, à 1970 mètres d'altitude. |
| 
Vers
Mandara Hut,
sur la route du Kilimanjaro |
Notre
accompagnateur BRYSON semble connaître tout le monde.
Aussi, les quelques formalités pour inscription
sur le registre, taxes et permis de treck, sont expédiées
avec brio, et nous voici déjà en route pour
la première étape, Mandara Hut.
Un
chemin forestier ample et plein de charme se déroule
devant nous, montant en pente douce dans la végétation
luxuriante de la brousse tropicale : dans les sous-bois
colorés, le soleil filtre à tavers les eucalyptus,
les ficus recouverts de lichens et de lianes. Des rais
de lumière développent des clair-obscurs
subtils entre feuillus et fougères arborescentes.
Le sentier humide est parsemé d'une multitude "d'Impatiens
kilimanjari", petites fleurs éparses, qui
égrennent ici et là leurs notes de couleur
bleue, jaune et vermillon.
Nous
sommes surpris d'atteindre Mandara Hut en deux heures
à peine. Ce sont de jolis petits abris en bois
au toit très incliné, prévus pour
quatre personnes avec douche et toilettes. Il y a peu
de randonneurs à cette époque et nous disposons
d'une "hut" pour deux.
Un
pique-nique préparé par le cook nous attend.
C'est une sorte
de potage, pas vraiment inquiétant, où flottent
épars des vermicelles et quelques vagues légumes.
|
À
quinze heures trente nous remettons ça, sans vraiment
beaucoup d'appétit, avec un goûter chocolat
et pop corn. N'ayant
rien d'autre à faire, nous allons nous ballader
à Maundi Crater, petite ascension touristique à
une demi-heure à peine du camp. Maundi
Crater est un très ancien cratère, aujourd'hui
totalement recouvert de végétation, à
tel point qu'il semble complètement dévoré
par la verdure. La ballade nous offre un premier aperçu
sur le mont Mawensi, dont nous distinguons mal les coulées
de neige entre les rochers.
Nous
avons plaisir à faire plus ample connaissance avec
BRYSON, notre bien sympathique "guide", qui
nous initie tant bien que mal à la faune et à
la flore locale. En redescendant du petit volcan, nous
apercevons quelques singes bleus et blancs à longue
queue touffue, les calabass monkeys, puis arrivons vers
17 h 30 juste pour dîner : le cook nous sert des
arachides grillées et d'excellents spaghettis à
la sauce africaine, cette fois-ci assaisonnés et
relevés à point.
Les
moustiques ont disparu avec l'altitude. Une nuit de bon
sommeil, et nous voilà frais et dispos pour attaquer
l'étape suivante vers Horombo Hut.

Les
huts de Mandara Hut
HOROMBO
HUT (3.780 m. - dimanche)
Nous
commençons à nous obliger à
boire abondamment, dès le petit déjuner,
pour éviter que ne surviennent par la suite les
ennuis dus à l'altitude. Car la baisse de pression
atmosphérique et la diminution du taux d'oxygène
ne vont pas tarder à se faire sentir, comme c'est
le cas souvent à partir de 4 à 4.500 m.
: seule petite astreinte (mais à ne pas négliger)
pour l'ascension du Kilimandjaro.

Jean-Christian
MICHEL au pied du Kilimandjaro
La route est nickel, pas raide du tout. Nous commençons
à bien voir ce fameux Kilimandjaro, qui se découpe
sur un ciel d'un bleu intense. À vrai dire, je
suis un peu déçu. C'est une grande montagne
majestueuse, très insolite sur ce haut plateau,
ronde comme une gigantesque colline, et coiffée
de son petit chapeau blanc-grisâtre de neige. Rien
à voir avec les
pics glacés et vertigineux des paysages de
l'Himalaya. Et pour
l'instant, le Kilimanjaro n'apparaît pas comme cette
demeure des dieux, "haute et incroyablement blanche
dans le soleil" !
|
| 
BRYSON
devant un seneçon géant
du Kilimanjaro |
Nous
traversons quelques ruisseaux limpides, qui bruissent
furtivement entre les rochers. Sur les bords, quelques
lobélies érigent leurs longues hampes élancées.
La marche continue, voici que nous longeons un petit cratère,
nous rappelant, si besoin était, l'ancien passé
volcanique de cette superbe région de Tanzanie.
Soudain,
un épais brouillard nous enveloppe : il bruine
même un petit peu. Fort heureusement, ce n'est qu'un
crachin et il ne pleut pas encore. Car nous sommes en
pleine "grande saison des pluies", et les averses
sont à cette époque, le handicap classique
pour l'ascension du Kilimanjaro. En contre-partie, l'incertitude
du climat nous prémunit contre le désagrément
majeur d'une trop importante fréquentation... La
crainte d'un grain sera donc notre seul petit souci durant
le court périple.
Nous
quittons la forêt tropicale pour rencontrer désormais
une végétation de maquis et d'arbrisseaux.
Nous admirons une flore clairsemée d'immortelles,
d'helichrysum kilimanjari, minuscules fleurs d'un jaune
intense, et de quelques autres plantes rares et étranges.
Mais voici qu'apparaissent les premiers seneçons
géants du Kilimandjaro. |
Ces étonnantes asteracées, vestiges antédiluviens
aux contours tourmentés, ne poussent que dans cette
unique région du globe : Passionnant sujet de réflexion
sur l'évolution des espèces et l'extraordinaire
diversité des formes de la nature...
Arrivée
sans encombre à Horombo Hut, étape où
nous retrouvons sans surprise, nos sympathiques "cabanes"
de bois, bâties toujours dans le même style
d'architecture rustique, simple, pratique et finalement
assez chic. Nous sommes toujours seuls par hut, ce qui
est sans prix ! De toute évidence, le Kilimandjaro
ne fait pas recette en ce moment.
Le
brouillard s'est encore densifié, c'est maintenant
une véritable purée de pois, et il ne fait
plus très chaud. La nuit, nos sacs de couchage
himalayens, prévus pour des températures
beaucoup plus rudes, nous assurent un réel confort.
Réveil
à 7 heures, comme d'habitude. Ce matin, le vent
s'est levé, dissipant les brumes de la veille :
nous surplombons alors une somptueuse mer de nuages. Les
rayons diffractés du matin avivent les contrastes,
et les turgescences des nébulosités diaphanes
se parent d'étonnants jeux d'ombres et de lumière.
Le froid s'est accentué, glacial, et nous ajustons
bien nos vêtements chauds.

Mer
de nuages à Horombo
CONSEILS
POUR L'ASCENSION DU KILIMANDJARO
Aujourd'hui,
c'est le jour où nous prenons notre dose préventive
de Lariam, anti-paludéen de synthèse. Puis,
nous commençons à charger des provisions
d'eau, car il n'y aura plus le moindre point de ravitaillement
sur le reste du trajet : les porteurs seront obligés
d'aller chercher le précieux liquide à Horombo.
Car
l'eau est d'une importance vitale en altitude ! Il est
indispensable de boire ses 6 à 7 litres par jour,
pour éviter le mal des montagnes. Nous désinfectons
chaque fois systématiquement notre boisson avec
un petit comprimé d'Hydroclonazone. Précaution
essentielle en Afrique, au Népal, Inde et toute
contrée exotique, où les sources risquent
fort d'être souillées par des amibes ou autres
germes dangereux. Avec la discipline d'un bon rythme respiratoire
durant la marche, ces quelques conseils médicaux
basiques, maintes fois mis en pratique au cours de mes
trekkings et expéditions en Himalaya, m'ont permis
d'éviter bien des déboires.
*
Pour plus de détails, voir [ CONSEILS
MÉDICAUX POUR EXPEDITIONS OU TREKKINGS ]
AU
PIED DU KILIMANDJARO, LE REFUGE DU KIBO (lundi)
La végétation s'est étiolée
peu à peu. Un paysage désolé, à
forte résonance métaphysique et digne d'un
parcours initiatique s'offre désormais
à nous. Nous traversons un univers minéral
et désertique, jalonné de grosses roches
volcaniques brunâtres.
Nous
avons volontairement ralenti notre pas, en avançant
toujours bien régulièrement, car l'altitude
commence à se faire sentir très légèrement
sur le haut plateau. Même si nous ne sommes pas
du tout essouflés, il est sage de rester toujours
en deçà de ses moyens au dessus des 4.000
m.
Un
panorama superbe s'ouvre désormais sur le Mawenzi
et le Kilimandjaro. L'itinéraire que nous allons
emprunter demain, pour accéder au sommet, se discerne
maintenant parfaitement sur le flanc pentu de la montagne,
serpentant en lacets serrés autour de coulées
d'éboulis, vers Gilmont Point, au col du Kilimandjaro. |
| 
Refuge
de KIbo |
Nous
accédons sans problème au refuge de Kibo,
niché à plus de 4700 m. - presque à
l’altitude du Mont Blanc - après cinq petites
heures de marche : Cette fois, plus de hutte individuelle,
mais un vaste refuge en pierre recouvert de tôle,
style bas alpin, sans eau, avec de grands dortoirs de
douze lits.
Il
n'y a en tout que six randonneurs : ce petit nombre est
bien sûr, tout à fait exceptionnel dans ce
type de trekking,
et nous nous félicitons encore d'avoir choisi cette
époque peu courue pour tenter l'ascension du Kilimanjaro
!
Tout
en dégustant quelques délicieuses cacahuètes
grillées, je griffonne quelques pages dans mon
carnet de voyage, histoire de tuer le temps. |
J'aimerais
maintenant dormir un peu, car le "grand" départ
pour le sommet du Kilimandjaro
est fixé à cette nuit à minuit.
Nous allons nous allonger dans nos sacs de couchage,
mais sans envie bien réelle.
Car
le jour est encore haut, et il nous est difficile de
fermer l'œil. Les 4 randonneurs arrivent les uns
après les autres, plus ou moins crevés,
certains d'entre eux présentent même les
premiers symptômes du mal des montagnes. C'est
un tohu-bohu permanent : d'aucuns sont malades et échangent
des médicaments, d'autres essaient leurs combinaisons,
déballent leurs casse-croûtes, et tous
se démènent en entrées-sorties
pipi... Car il faut bien évacuer les abondantes
quantités d'eau ingurgitées !
Bref, puisqu'il faut renoncer à somnoler, je
préfère me replonger quelques instants
dans la lecture des "Neiges du Kilimanjaro"
que j'ai emmené dans mon sac... Je retrouve avec
émotion les dernières pages du livre,
où la vision astrale du Kilimandjaro, ultime
offrande d'amitié, apparaît comme le point
d'orgue bouleversant d'une symphonie.
Car
c'est demain que je pourrai contempler de près
ces neiges mystérieuses de l'Afrique équatoriale,
si bien divinisées par Hemingway, en atteingnant
le sommet du Kilimandjaro.
ASCENSION
DU KILIMANDJARO - GILMONT
POINT (mardi 6 h.)
A
onze heures du soir, branle-bas de combat. Le cook nous
apporte un breakfast plus que sommaire, et tout de suite
après, nous nous équipons pour le départ,
avec mouffles, bonnets, doudounes et surpantalons en duvet
: car la température extérieure est glaciale,
et nous savons que nous allons rencontrer un froid encore
plus terrible au cours de l'ascension, probablement en
dessous de moins vingt degrés. Pas cette nuit,
le réchauffement climatique
!
A
minuit, nous quittons le refuge, atteignons la grotte
"Hans MEYER Cave" (Hans MEYER est le photographe
allemand qui, le premier, a fait l'ascension du Kilimandjaro),
et grimpons volontairement très lentement. La piste
escarpée qui rejoint Gilmont Point, se hisse en
lacets serrés vers le col. Cette sente gravelleuse
qui s'effrite sous chaque pas représente la partie
la plus raide du parcours, sans poser, il est vrai, la
moindre difficulté technique : l'ascension finale
du kilimanjaro est un trekking d'endurance moyenne sur
mille mètres de dénivelée, toutefois
dans un froid polaire entre cinq et six mille mètres
d'altitude. |
| 
Mer de nuage à Gilmont point |
Nous
montons posément, respirant profondément
et rythmant bien toujours notre souffle sur nos pas, selon
une technique éprouvée.
Il
fait nuit noire, et nous repérons notre chemin
à la frontale. BRYSON a soudain un sérieux
ennui avec sa lampe électrique qui vient de flancher.
Est-ce la contrariété qui le déstabilise
ou bien le manque d'oxygène ? Toujours est-il que
l'infortuné guide se plaint de maux de tête,
et vomit à deux reprises. J'espère que cela
ne lui posera pas trop de problèmes pour aller
jusqu'au sommet ! Je sors de mon sac une pile de secours,
et la torche du brave accompagnateur remise en état,
nous poursuivons l'ascension. À l'approche du jour,
la nuit devient un peu moins sombre... |
| Vers
six heures, nous atteignons Gilmont Point, sans avoir
vraiment pris conscience que nous en avons fini avec le
plus gros de l'effort. Nous sommes accueillis à
la brèche par une aurore resplendissante dont l'or
éclabousse déjà l'obscurité
du ciel.
L'astre flamboyant, qui vient à peine d'émerger
à l'orient, embrase peu à peu l'horizon
de lueurs pourpres. Les rayons resplendissants, teintent
de couleurs irisées la plaine nébuleuse
qui se développe à perte de vue à
nos pieds. Nous sommes fascinés par ce panorama
grandiose, envahis au plus profond de lêtre par
des vibrations inconnues. Un lever du soleil est toujours
un spectacle magique, avec de puissantes résonances
émotionnelles. Mais cette aurore féerique,
s'étendant sur les ciels immenses de l'Afrique,
éveille en nous un enchantement surnaturel.
SOMMET
DU KILIMANDJARO - UHURU PEAK (mardi 8 h.)
Après
quelques minutes de halte au col, nous reprenons route
vers l'Uhuru Peak, sommet du Kilimandjaro. Voici qu'apparaissent
les premières neiges, dures, mates et gelées.
Nous suivons une piste étroite tantôt rocheuse,
tantôt marquée d'empreintes de pas verglacées
dans d'humbles reliquats de névés, ces neiges
qui se durcissent pour ne pas vouloir mourir. Le parcours
est assez long, mais extrêmement aisé, avec
très peu de dénivellée. Le tracé
surplombe des pentes neigeuses sales et abruptes, qui
plongent vers un fond de cratère encore sombre.
L'aube
s'estompe doucement, laissant place au jour, et un
décor fantastique s'allume graduellement,
éclairant du même coup notre chemin intérieur
de connaissance et de réflexion : cette
expérience inspirée a densifié notre
énergie, et, exaltant les richesses de l'âme,
nous aide à ressentir mieux ce que nous sommes
vraiment. Tout autour de nous, le paysage évoque
enfin la haute montagne.

Jean-Christian
MICHEL au sommet du Kilimandjaro
Nous arrivons enfin au sommet de l'Uhuru Peak, où
un panneau de bois nous confirme l'altitude de 5.895 m.
- Il manque à peine 105 mètres pour faire
les 6.000 ! - et nous félicite même de "l'exploit".
Le
bon TYSON a récupéré, tout le monde
s'embrasse, heureux d'avoir réussi. L'épreuve,
une fois surmontée, permet de mieux intégrer
l'ascèse physique et spirituelle de l'ascension.
Je suis bouleversé par la magnificence du panorama.
Mais un sentiment plus profond, plus mystique m'envahit
et me renvoie à la réflexion
philosophique. En ce lieu interdit à la civilisation,
mes pensées s'envolent loin des petites tracasseries
de la vie quotidienne. Comme chaque fois où je
suis arrivé à un sommet, mon esprit veut
s'emparer de l'immensité de l'Espace, de l'Infini
du Temps, de la diversité des respirations rythmiques
de l'Univers. Je reçois une Musique
sublime qui vibre aux confins de l'Ailleurs... Nous accédons
à la grandeur sacrée du Kilimandjaro.
LES
NEIGES DU KILIMANDJARO - GLACIER
DU KILIMANDJARO |
| 
Les
neiges du Kilimandjaro :
un féerique glacier |
À
droite le cratère enneigé du volcan... Mais
l'éblouissante surprise de l'ascension est la découverte
de ce glacier au sommet ! Une prodigieuse muraille de
cristal bleuté, se déploie au dessous de
nous, encore frippée dans la pâle lumière
du matin. Sa magnificence transcende totalement l'idée
que chacun peut se faire de la pureté virginale
des neiges du Kilimanjaro.
On
a du mal à imaginer pareil joyau... Je suis complètement
bluffé, transporté. La glace, en se sublimant
sous l'effet de l'intense rayonnement solaire de la journée,
a sculpté avec la complicité du vent, de
fines arêtes prismatiques et des aiguilles acérées
translucides, d'une incroyable beauté. |
C'est
vrai, j'ai eu l'occasion de contempler de somptueux glaciers,
implacables et gigantesques fleuves de glace en Himalaya
! Mais ici, je reste interdit devant l'allure de ces neiges
mythiques, que le temps a compacté et stylisé
en féeriques et inattendues
grandes orgues de glace.
...
Il faut maintenant songer à redescendre. Car ce
soir nous devons rejoindre Horombo Hut, bien en dessous
du refuge de Kibo Hut !
RETOUR DU KILIMANJARO À KIBO ET DESCENTE À
HOROMBO HUT
En
quelques heures, nous sommes passés d'un froid
polaire, à une chaleur brûlante. Le soleil
d'Afrique, qui s'est maintenant levé haut dans
le ciel, nous deshydrate et nous calcine.
Nous
regagnons sans encombre Gilmont Point, en faisant attention
à ne pas glisser dans les déclivités
gelées. Puis nous choisissons de dévaler
directement dans les éboulis, et c'est une degringolade
très rapide qui nous fait abandonner ainsi, en
talonnant, cinq cents mètres d'altitude en un rien
de temps. Nous nous retrouvons avant 10 heures du matin
à Kibo Hut.
Je suis déshydraté, car les gourdes ont
gelé et les bouteilles d'eau ont explosé.
Quelques personnes sont là, au refuge, qui nous
félicitent et nous offrent une bière bien
fraîche. Je bois d'une traite pour étancher
ma soif avec un plaisir plus qu'évident, remercie
vivement ces gens pour la gentillesse de leur accueil.
Puis je me rends au dortoir pour changer mes gros vêtements
d'altitude trop chauds désormais, contre une tenue
plus adaptée. Enfiler des baskets, remettre un
peu d'ordre dans mes affaires est un plaisir : Mon sac
est trempé et encore plein de glace, à cause
de cette bouteille en plastic qui a éclaté
pendant la montée.
Le
ciel se couvre brusquement,
le froid réapparaît d'un coup, et je propose
à TYSON de descendre rapidement à Horombo.
Nous mettons à peine deux petites heures, ce qui
est très court d'après lui. Nous allons
prendre un thé, qui se réduit cette fois-ci
à un comprimé d'Efferalgan dissous dans
une sorte d'infusion tiède et sucrée.
La fatigue se fait sentir, et il faut accepter de décompresser
: la
journée aura été dure, nous avons
marché une douzaine d'heures depuis... hier minuit,
et presque vingt depuis deux jours. J'ai sommeil maintenant,
je vais aller dormir !
FIN
DU TREKKING AU KILIMANDARO : RETOUR À MARANGU GATE
(mercredi)
Après
une bonne nuit réparatrice, un porteur me réveille,
en m'apportant une cuvette d'eau tiède pour me
raser. Je saisis l'occasion pour un nettoyage un peu plus
complet.
Petit
déjeuner, descente très simple et brève
à Mandara Hut, ou nous absorbons un pique-nique
des plus rudimentaires : parfois, nous nous demandons
à quoi sert le cuisinier, car cette fois-ci, c'est
un repas composé d'un œuf dur, de conserves
et de fruits.
Puis nous regagnons Marangu gate, d'un pas rapide, salués
au passage par deux ou trois singes bleus qui s'ébrouent
dans le feuillage.
Après
le marchandage usuel pour le pourboire "obligatoire"
du "guide" (nous le donnons bien volontiers
!), les traditionnels diplômes d'accès aux
neiges du Kilimandjaro nous sont remis...
Voilà
! Le retour à Marangu Gate, met fin à notre
ascension du Kilimandjaro. La marche d'approche a été
courte, la montée au sommet n'a posé aucun
problème, et quant à la descente, une seule
journée aurait suffi.
Au
faîte du vieux et majestueux volcan, nous avons
célébré l'éclatante blancheur
des "neiges du Kilimandjaro"... Mais la montagne
sacrée nous a offert une bien plus incomparable
surprise : la splendeur de cet insolite glacier, dont
il faut savoir, hélas, qu'il ne sera plus là
dans les dix à quinze ans à venir.
DEUX
JOURS À MOSHI (mercredi-jeudi)
Un
4 x 4 nous attend pour nous rapatrier au Capricorn Hôtel.
Nous retrouvons avec plaisir ses jardins agencés
avec soin et planté d'essences rares. Après
avoir bu un délicieux cocktail de jus de melon
et de mangue sur la terrasse garnie de quelques touristes
riches et vieux, nous montons dans notre chambre prendre
une douche bienfaisante et réellement nécessaire.
Il
fait toujours beau, avec un temps tiède et agréable.
Car, miracle, la pluie tant redoutée n'est pas
encore tombée ! Nous nous décidons à
aller faire un petit tour dans le centre-ville de Moshi,
où il n'y a d'ailleurs pas grand chose à
voir ni acheter. Un folklore bien authentique cette fois
se limite à nous proposer quelques vendeurs de
cacahuètes ou de café, un rémouleur
moyen-âgeux comme il n'en existe plus aujourd'hui,
et des étals de quincaillerie agricole... Tout
cela, il faut bien dire sans grand intérêt
pour nous.
Le soir, nous dînons merveilleusement bien. C'est
un repas exotique avec byriani, royal fish, et délicieuse
salade de fruits tropicaux. Le farniente a du bon, après
ces quelques jours de randonnée au Kilimandjaro
! Puis, nous allons essayer de dormir, toujours en guerre
ouverte avec les moustiques de Tanzanie.
Après
avoir rangé nos sacs et pris un attrayant petit
déjeuner exotique, nous sommes prêts à
lever le camp. La Rover nous emmène à la
gare routière de Moshi, où nous prenons
péniblement place dans un autocar préhistorique
archi-bondé, pour rejoindre Arusha, mêlés
aux gens du pays : nous payons trois places pour pouvoir
nous caser avec nos deux "énormes" bagages.
Nous traversons des paysages verdoyants de bananeraies,
de caféiers et de champs de maïs, et une heure
plus tard, nous voici arrivés dans la ville.
NI PHOTOS NI DIAPOS DU KILIMANDJARO À ARUSHA !
SAFARIS EN TANZANIE
Nous dégottons un ravissant petit hôtel,
dans un joli jardin des quartiers résidentiels
de la ville. Arusha est la capitale de la région
d'Arusha, en Tanzanie. L'eau et l'électricité
marchent épisodiquement, c'est un peu difficile
lorsqu'on est couvert de savon sous la douche... Mais
notre sympathique hôtesse nous explique que c'est
partout pareil à Arusha et que ça arrive
plusieurs fois par jour !
Le
soir nous dînons dans un ambiance qui rappellerait
l'époque "coloniale". Des grillades au
barbecue et un cadre charmant nous rendent le séjour
finalement très sympathique.
The Outpost Hotel à Arusha
Nous allons traîner en ville, mais nous n'y trouvons
toujours rien de bien excitant, si ce n'est un petit "bistrot"
français qui nous propose de délectables
jus de fruits, préparés avec originalité.
Difficile
en effet de trouver quelque chose à Arusha : pratiquement
pas de cartes postales, et encore moins des diapos ou
photos du Kilimandjaro ! La vraie
ressource de la Tanzanie est la virginité sauvage
de ses magnifiques paysages. Aussi, les chuaffeurs de
taxis tanzaniens se ruent sur nous pour nous vendre leur
ressource N° 1 : le safari photo !
Et
les agences proposant trekkings, ascension du Kilimandjaro,
et bien entendu safaris divers foisonnent à chaque
coin de rue.
Dédaignant
les statues "d'ébène", les pierres
"précieuses" et autres bimbeloteries
touristiques fabriquées en usine, nous faisons
l'acquisition de quelques batiks originaux. Par chance,
nous trouvons même une jolie statuette érotique
artisanale en pierre à savon.
Soudain,
une brutale et terrible averse s'abat sur nous. C'est
la première fois que l'eau tombe en grande quantité
depuis notre arrivée en Tanzanie, et nous nous
réjouissons d'avoir échappé à
ce genre de déluge lors de l'ascension du Kilimandjaro.
La pluie est tiède. L'orage détrempe le
sol en quelques minutes. Mais, comme toute ondée
tropicale, sa violence ne dure heureusement pas très
longtemps. |
| 
Case
à Ngiresi aux environs d'Arusha |
En
ville, de jeunes tanzaniens nous harponnent sans arrêt
pour nous proposer un peu tout et n'importe quoi : de
petits objets, tam-tams, verroterie, poteries ou même
des safaris-animaux au parc du Serengeti. À vrai
dire, nous ne sommes pas des fanatiques des pièges
à touristes. Mais nous pouvons comprendre tous
ces pauvres gosses ! Comme nous sommes hors saison, la
période est peu propice au négoce. Cette
pénurie de clients leur insuffle une redoutable
agressivité commerciale pour essayer de placer
quelque chose !
Nous
profitons de notre court séjour à Arusha,
pour aller visiter Ngiresi, village massaï typique,
planté au sein de bananeraies, sur les pentes du
Mont Meru, dans une jolie perspective de montagne. |
Le chauffeur
de taxi qui nous y emmène découvre l'endroit
en même temps que nous. Il parle français,
il est ravi, et pourra proposer la ballade à
d'autres personnes. La route est défoncée,
et notre pauvre conducteur a bien du mal à parvenir
au hameau. Mais l'endroit est vraiment typique, lesite
est magnifique et le déplacement en vaut la peine.
Puis,
c'est le retour en France. A peine avons nous quitté
Kili Airport, que les "imprévus-de-ces pays"
ne tardent pas à arriver : pour je ne sais quelle
raison, nous sommes détournés vers le
sud par Dar es Salaam. Nous y perdons l'après-midi.
Par bonheur un repas nous est finalement servi, et nous
décollons quand même enfin à minuit.
Nous
nous en faisons une raison, ce n'est pas grave... Car
ces malencontreux épisodes de changement d'horaire
ou de cap, sont monnaie courante dans preque toutes
les contrées en voie de développement
: il m'est ainsi arrivé de rester bloqué
24 heures en Inde ou au Népal...
Rentrée
au bercail enfin, via Amsterdam et Nice. Ravis du voyage,
enchantés d'avoir visité les neiges du
Kilimandjaro.
LE
KILIMANDJARO MONTAGNE SACRÉE
------------
Détail
du glacier du Kilimandjaro ----------------Kilimanjaro,
montagne sacrée---
Car la sérénité des neiges du Kilimandjaro
a doucement infiltré notre cœur. Le vieux
et imposant volcan appartient aux montagnes mythiques
de la terre, et, comme les hauts lieux de la planète,
le Kilimandjaro, est un endroit sacé qui impose
un respect absolu, un espace magique où souffle
l'esprit. Le dôme ne s'appelle-t-il pas dans le
pays massaï, "Masai Ngaje Ngai", demeure
des dieux ?
Il faut
savoir aussi que
l'ascension du Kilimandjaro ne relève pas du
seul modeste exploit physique : l'itinéraire
mythique vers ses neiges secrètes
participe aussi d'une meilleure compréhension
du sens de la vie. Fenêtre ouverte sur nous-mêmes,
il nous offre la chance d'intégrer
au monde profane sa dimension
spirituelle.
Le
simple spectacle du glacier justifie l'ascension facile
du sommet. En effet, il n'est pas nécessaire
d'être alpiniste chevronné pour envisager
ce trekking : avec un peu de volonté, un bon
entraînement et un minimum de connaissance de
la montagne, le Kilimandjaro est sans doute accessible
à chacun dès l'âge de dix ans...
Récemment, un petit groupe de handicapés
est même allé jusqu'au bout de son rêve,
en réussissant l'ascension de la cime.
Je
me prends alors à penser qu'un grimpeur quelque
peu endurci doit pouvoir faire l'ascension du Kilimandjaro,
en trois jours aller et retour, à partir de Marangu
Gate. Naturellement, sans guide ni cuisinier, si la
loi tanzanienne venait à l'autoriser !
Car,
quelles que soient les raisons les plus louables invoquées,
je suis horrifié par la mainmise progressive
des pouvoirs financiers et politiques sur un quelconque
patrimoine de l'humanité : La nature n'appartiendrait-elle
plus à tout le monde ?
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