| ASCENSION
AUX
NEIGES
DU KILIMANDJARO
LES
NEIGES DU KILIMANJARO - ASCENSION
KILIMANDJARO

LE
KILIMANDJARO (PHOTO DU KILIMANDJARO)
Les neiges du Kilimandjaro.
Éternelles... Pour combien de temps encore ?
SOMMAIRE DE L'ASCENSION
AU KILIMANDJARO
- NEIGES DU KILIMANJARO
LE
KILIMANDJARO - LA TANZANIE
- LES NEIGES DU KILIMANDJARO PAR
HEMINGWAY - LE
MYTHE DES NEIGES DU KILIMANDJARO -
DÉPART
AU KILIMANDJARO
- KILIMANJARO
AIRPORT - MARANGU
GATE - MANDARA HUT - HOROMBO
- CONSEILS POUR L'ASCENSION DU KILIMANDJARO
- REFUGE DU KIBO
- ASCENSION DU KILIMANDJARO -
GILMONT POINT - SOMMET
DU KILIMANDJARO - UHURU PEAK
- LES NEIGES DU KILIMANDJARO - GLACIER
DU KILIMANDJARO - RETOUR A KIBO
- DEUX JOURS À MOSHI - ARUSHA
- LE KILIMANDJARO, MONTAGNE SACREE
LE KILIMANDJARO
Le Kilimandjaro (les anglo-saxons écrivent Kilimanjaro),
montagne mythique et remarquable pour ses neiges éternelles
flamboyant sous les tropiques
est le sommet le plus élevé d'Afrique.
Situé au Nord de la Tanzanie,
le Kilimandjaro surplombe le Kenya de toute sa majesté.
Le Kilimandjaro ne fait pas partie d'une chaîne
montagneuse : au contraire, il se dresse en solitaire,
au milieu de la steppe africaine. Gigantesque volcan éteint,
il comporte trois cimes : le Shira à l'ouest, le
Mawenzi à l'est et le Mont Kibo, le plus haut,
au centre. Le Kilimandjaro culmine à l'Uhuru pic
à 5.895 mètres d'altitude.
Nous
verrons que le dôme du Kilimandjaro
n'est pas seulement revêtu de neiges blanches et
silencieuses, mais d'un authentique et étrange
glacier.
LES NEIGES DU KILIMANDJARO PAR HEMINGWAY
L'évocation
du Kilimandjaro par Ernest HEMINGWAY dans sa nouvelle
"Les Neiges du Kilimandjaro", a largement contribué
à conférer à la "montagne de
lumière" une aura planétaire. "Les
Neiges du Kilimandjaro", dont a été
tiré le film "The Snows of Kilimanjaro"
avec Gregory PECK et Ava GARDNER, mêle souvenirs
et aventures puisés dans les nombreux voyages de
l'auteur . La version cinématographique des neiges
du Kilimandjaro est est un peu vieillote avec une surabondance
de clichés. Aussi vaut-il mieux en rester à
la nouvelle d'Hemingway, dont la fin différente
est totalement bouleversante dans sa simplicité
:
"Un
écrivain sans le sou, Harry, et une (assez) belle
héritière Helen, sont en safari en Afrique
dans une savane proche du Kilimandjaro. Notre homme se
blesse au genou d'une banale piqure d'épine. Mais
la plaie s'infecte et la gangrène s'installe. Stupide
et désolante fatalité...
L'homme pressent sa fin, et à mesure que sa jambe
se nécrose, son moral chute. Son inactivité
le rend dépressif et irascible : flash-backs alors
sur son passé, ses aventures sentimentales sans
suite, le thème de la souffrance... La tendresse
et la sollicitude de sa compagne ne parviennent pas à
le tirer de son obssession morbide et de son angoisse
de mourir en raté : le quotidien a enseveli l'amour...
L'homme baisse les bras, abandonne la lutte, essaie de
compenser sa détresse à force de whisky-sodas.
Il sent la mort rôder autour de lui, au point d"en
percevoir l'haleine fétide...
Un
petit avion piloté par son vieux copain COMPTON,
se pose enfin pour l'emmener immédiatement
vers Arusha. "COMPIE"
entrevoit en un flash qu'Harry ne supportera pas le voyage.
Il détourne son cap de l'itinéraire prévu
dans le but d'offrir à son ami une dernière
et somptueuse vision.
La
traversée d'un terrible orage paroxyse la situation
: "Ils se trouvèrent en pleine tempête,
la pluie tellement drue qu'on eut cru voler à travers
une cascade, et puis ils en sortirent et COMPIE tourna
la tête et sourit en montrant quelque chose du doigt
et là,
devant eux, tout ce qu'il pouvait voir, vaste comme le
monde, immense, haut et incroyablement blanc dans le soleil,
c'était le sommet carré du Kilimandjaro.
Et alors il comprit que c'était là qu'il
allait ..."
ASCENSION DU KILIMANDJARO
: MYTHE DES NEIGES DU KILIMANDJARO
Les
neiges du Kilimandjaro sont un mythe
qui génère toujours sa part de rêve.
Car il faut savoir aussi que ces neiges légendaires
vont disparaître à jamais sous l'influence
du réchauffement climatique.
Comme
beaucoup d'admirateurs d'Ernest Hemingway, j'ai voulu
connaître les neiges du Kilimandjaro.
Aussi, mon amie et moi, avons-nous décidé
de faire cette ascension mythique. Nous n'avons pas été
déçus : Bien au contraire, le prodigieux
et mystérieux glacier qui
protège le sommet de ses
neiges argentées, s'est révelé une
surprise au delà de nos espérances.
LA
TANZANIE - TREKKINGS EN TANZANIE - SAFARIS EN TANZANIE
Le
Kilimandjaro a été pour nous, parallèlement
à la quête de la symbolique de ses neiges,
l'occasion de découvrir un tout petit peu la Tanzanie
et de passer deux jours à Moshi et Arusha.
Située
à l'Est de l'Afrique en hémisphère
Sud, sur les rives de l'océan Indien, la Tanzanie
est délimitée au nord par le Kenya et l'Ouganda,
ceinturée à l'ouest par le Rwanda, le Burundi
et le Congo. Elle est bordée au sud-ouest par la
Zambie et le Malawi, et circonscrite au sud par le Mozambique.
La
Tanzanie, ne possède pas seulement le charme de
ses paysages admirables : elle est aussi un des berceaux
de l'humanité. Des sites historiques et culturels
exceptionnels, comme KONDOA IRANGI, recèlent des
peintures rupestres, véritables trésors
qui datent de plus de 3.00O ans.
La
Tanzanie comporte plusieurs volcans, dont un seul est
encore en activité, le Ol Doinyo Lengaï. Celui-ci
est relativement peu élevé, puisque son
cratère atteint à peine les 2.890 m.
Le Kilimanjaro, s'est éteint depuis bien longtemps,
certainement plusieurs millions d'années. Son prestige
de "Toit de l'Afrique" participe à sa
légende. Aussi l'ascension du Kilimanjaro draine-t-elle
chaque année des milliers de randonneurs. Accéder
aux neiges du Kilimanjaro est considéré
à juste titre comme le must des trekkings
en Tanzanie.
Le
Parc National du Kilimandjaro, s'étend
au nord de la Tanzanie, tout autour
du prestigieux sommet entre Moshi et la frontière
du Kenya.
Le
gouvernement tanzanien a développé une importante
activité touristique, basée principalement
sur les safaris, safaris-photos, et trekkings. Les ascensions
du Kilimanjaro, du Mawensi, ou même des itinéraires
très simples, comme celui du mont Meru sont organisés
par des agences spécialisées.
PRÉPARATIFS
DE DÉPART POUR L'ASCENSION DU KILIMANDJARO
Mon
amie et moi, choisissons de partir hors saison, pour éviter
le flot de touristes. Tenant compte évidemment
du risque d'intempérie inhérent à
la "saison des pluies". Comme d'habitude, nous
irons sans faire appel à un tour operator, car
la part d'aventure est toujours un "plus" dans
n'importe quel voyage.
Nous nous contentons de réserver un hôtel
tout près du parc du Kilimandjaro, et engageons
un guide à contre cœur, car sa présence
est imposée par le gouvernement tanzanien. Quelques
jours pour assurer ces contacts par e-mail, téléphone
et Fax ; une matinée à Marseille, pour effectuer
les indispensables vaccinations, fièvre jaune,
hépatite etc., et il ne reste plus qu'à
compiler chaussures et affaires de montagne pour tenter
l'escapade.
J'ai choisi de prendre la voie Marangu, voie normale
du Kilimandjaro. Pourquoi ? Parce que la voie Machame
n'est pas spécialement plus difficile ni intéressante
: mais plus longue, et nous n'avons pas beaucoup de temps.
L'ascension du Kilimandjaro n'est pas une "course
de haute montagne", avec escalade et couloirs de
glace, et notre désir est tout simplement d'atteindre
le haut lieu auréolé de son illustre nimbe
de neige. Enfin, détail important, la voie Marangu
propose des huts convenables (nom donné à
ces refuges simples et peu coûteux. Cf. lodges au
Népal), et comme personnellement, j'ai horreur
de dormir sous la tente...
Voici
le carnet de route de ce court trekking d'accès
aux neiges du Kilimandjaro.
KILIMANJARO
AIRPORT - CAPRICORN
HÔTEL À MOSHI
Notre
voyage commence par une banale nuit d'hôtel à
Nice, d'où un Airbus nous transfére à
Amsterdam. Après quelques heures d'attente à
lanterner dans les tax-free shops de l'aérogare,
nous nous envolons vers la Tanzanie. Comme chaque fois
bien sûr, nous nous réjouissons de connaître
un nouveau pays, une autre culture !
Nous
arrivons à Kili Airport à 21 h. : Touristes
et randonneurs abondent dans cette région recherchée
d'Afrique. Aussi, un aéroport spécial, Kilimanjaro
International Airport, a été aménagé
par la ville d'Arusha, au portes-même des parcs
du Kilimandjaro et du Serengeti.
Il
fait chaud, mais avec une température presque agréable,
contrastant avec la moiteur étouffante que j'ai
connue lors de mes tournées
de concerts en Afrique. Sur ce haut plateau tanzanien,
l'air est relativement doux, car nous sommes, en effet,
à près de 2.000 métres d'altitude. |
|

Capricorn
Hotel, Marengu Base |
Des
interminables palabres règlent les formalités
de police, carnets sanitaires et douane. Un Range Rover
loué sur place nous drive en une heure et demi,
à Marengu Base. Nous avons réservé
là notre chambre, au Capricorn Hotel, à
vingt Kms de Moshi, et au seuil du parc du Kilimandjaro.
Après une nuit de guerre anti-moustiques, menée
à coup de répulsifs et de claques plus ou
moins réussies sur les attaquants, nous nous réveillons
un tant soit peu fatigués. Probablement sans doute,
aussi à cause du décalage horaire. Pour
nous remonter, nous allons prendre un petit déjeuner
à l'anglaise, coupé de délicieux
fruits exotiques...
|
|
Mais
nous sommes venus ici pour le Kilimandjaro, pas spécialement
pour lézarder, et c'est l'heure de démarrer
: Notre guide, BRYSON, sapé comme un lord pour
une expédition en Himalaya,
vient d'arriver pour nous conduire à Marengu Gate,
à l'orée du parc du Kilimanjaro.
Si
nous avons pris un guide, contrairement à notre
habitude, c'est qu' ici, le guide est obligatoire
(bien que la voie d'accès au sommet du Kilimandjaro,
sentier escarpé et raide, mais bien balisé,
ne nécessite pas forcément la présence
d'un accompagnateur)
Il
faut savoir que tout est fait en Tanzanie pour soulager
le portefeuille du candidat aux neiges éternelles
: guide, mais aussi cuisinier et porteurs sont imposés
pour l'ascension du Kilimandjaro. L'accès au parc
national est bien entendu payant (700 euros), avec en
sus un permis de trek, une taxe journalière de
séjour, une taxe de camping, sans oublier, la taxe
de secours...
Il n'y a pas lieu de s'en indigner : Le président
NYERERE a voulu "faire de son mieux", selon
sa propre expression, pour donner du travail à
tout le monde !

Le
président Julius K. NYERERE
MARANGU
GATE (1860 m.) PARC NATIONAL DU KILIMANDJARO - MANDARA
HUT (2.700m - samedi)
L'entrée
du parc national du Kilimandjaro, "Marangu Gate",
est assez fastueuse. Son imposante porte d'entrée
est déclinée dans le style d'architecture
des "huts", ces gîtes charmants où
nous dormirons. Nous apprécions le large jardin
d'agrément, aménagé avec élégance,
qui s'étale à 1970 mètres d'altitude. |
|

Vers
Mandara Hut,
sur la route du Kilimanjaro
|
Notre
accompagnateur BRYSON semble connaître tout le monde.
Aussi, les quelques formalités pour inscription
sur le registre, taxes et permis de treck, sont expédiées
avec brio, et nous voici déjà en route pour
la première étape, Mandara Hut.
Un
chemin forestier ample et plein de charme se déroule
devant nous, montant en pente douce dans la végétation
luxuriante de la brousse tropicale : dans les sous-bois
colorés, le soleil filtre à tavers les eucalyptus,
les ficus recouverts de lichens et de lianes. Des rais
de lumière développent des clair-obscurs
subtils entre feuillus et fougères arborescentes.
Le sentier humide est parsemé d'une multitude "d'Impatiens
kilimanjari", petites fleurs éparses, qui
égrennent ici et là leurs notes de couleur
bleue, jaune et vermillon.
Nous
sommes surpris d'atteindre Mandara Hut en deux heures
à peine. Ce sont de jolis petits abris en bois
au toit très incliné, prévus pour
quatre personnes avec douche et toilettes. Il y a peu
de randonneurs à cette époque et nous disposons
d'une "hut" pour deux.
Un
pique-nique préparé par le cook nous attend.
C'est une sorte
de potage, pas vraiment inquiétant, où flottent
épars des vermicelles et quelques vagues légumes.
|
À
quinze heures trente nous remettons ça, sans vraiment
beaucoup d'appétit, avec un goûter chocolat
et pop corn. N'ayant
rien d'autre à faire, nous allons nous ballader
à Maundi Crater, petite ascension touristique à
une demi-heure à peine du camp. Maundi
Crater est un très ancien cratère totalement
recouvert de végétation, à tel point
qu'il semble avoir été complètement
dévoré par la verdure. La ballade nous offre
un premier aperçu sur le Mawensi, dont nous distinguons
mal les coulées de neige dans les rochers.
Nous
avons plaisir à faire plus ample connaissance avec
BRYSON, notre bien sympathique guide, qui nous initie
tant bien que mal à la faune et à la flore
locale. En redescendant du petit volcan, nous apercevons
quelques singes bleus et blancs à longue queue
touffue, les calabass monkeys, puis arrivons vers 17 h
30 juste pour dîner : le cook nous sert des arachides
grillées et d'excellents spaghettis à la
sauce africaine, cette fois-ci assaisonnés et relevés
à point.
Les moustiques ont disparu avec l'altitude. Une nuit de
bon sommeil, et nous voilà frais et dispos pour
attaquer l'étape suivante vers Horombo Hut.

Les
huts de Mandara Hut
HOROMBO
HUT (3.780 m. - dimanche)
Nous
commençons à nous obliger à boire
abondamment, dès le petit déjuner, pour
éviter que ne surviennent par la suite les ennuis
dus à l'altitude. Car la baisse de pression atmosphérique
et la diminution du taux d'oxygène ne vont pas
tarder à se faire sentir, comme c'est le cas souvent
à partir de 4.000 m. : seule petite difficulté
(mais à ne pas négliger) pour l'ascension
du Kilimandjaro.

Jean-Christian
MICHEL au pied du Kilimandjaro
La route est nickel, pas raide du tout. Nous commençons
à bien voir ce fameux Kilimandjaro, qui se découpe
sur un ciel d'un bleu intense. À vrai dire, je
suis un peu déçu. C'est une grande montagne
majestueuse, très insolite sur ce haut plateau,
ronde comme une gigantesque colline, et coiffée
de son petit chapeau de neige. Rien à voir avec
les pics glacés
et vertigineux des paysages de l'Himalaya.
Et vu d'en bas, le Kilimanjaro n'apparaît pas comme
cette demeure des dieux, "haute et incroyablement
blanche dans le soleil" !
|
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BRYSON
devant un seneçon géant du Kilimanjaro |
Nous
traversons quelques ruisseaux limpides, qui bruissent
furtivement entre les rochers. Sur les bords, quelques
lobélies érigent leurs longues hampes élancées.
La marche continue, voici que nous longeons un petit cratère,
nous rappelant, si besoin était, l'ancien passé
volcanique de cette superbe région de Tanzanie.
Soudain,
un épais brouillard nous enveloppe : il bruine
même un petit peu. Fort heureusement, ce n'est qu'un
crachin et il ne pleut pas encore. Car nous sommes en
pleine "grande saison des pluies", et les averses
sont le handicap classique pour l'ascension du Kilimanjaro
en cette période de l'année. En contre-partie,
l'incertitude du climat nous prémunit contre le
désagrément majeur d'une trop importante
fréquentation... La crainte d'un grain sera donc
notre seul souci durant le court périple.
Nous
quittons la forêt tropicale pour rencontrer une
végétation de maquis et d'arbrisseaux. Nous
admirons une flore clairsemée d'immortelles, d'helichrysum
kilimanjari, petites fleurs d'un jaune intense, et de
quelques autres plantes rares et étranges.
Mais voici qu'apparaissent les premiers seneçons
géants du Kilimandjaro.
|
Ces étonnantes asteracées, vestiges antédiluviens
aux contours tourmentés, ne poussent que dans cette
unique région du globe : Passionnant sujet de réflexion
sur l'évolution des espèces et l'extraordinaire
diversité des formes de la nature...
Arrivée
sans encombre à Horombo Hut, étape où
nous retrouvons sans surprise, nos "cabanes"
de bois, bâties toujours dans le même style
d'architecture rustique, simple, pratique et finalement
assez chic. Nous sommes toujours seuls par hut, ce qui
est sans prix ! De toute évidence, le Kilimandjaro
ne fait pas recette en ce moment.
Le
brouillard s'est encore densifié, c'est maintenant
une véritable purée de pois, et il ne fait
plus très chaud. La nuit, nos sacs de couchage
himalayens, prévus pour des températures
beaucoup plus rudes, nous assurent un réel confort.
Réveil
à 7 heures, comme d'habitude. Ce matin, le vent
s'est levé, dissipant les brumes de la veille :
nous surplombons une somptueuse mer de nuages. Les rayons
diffractés du matin avivent les contrastes des
volutes diaphanes en étonnants jeux d'ombres et
de lumière. Le froid s'est accentué, glacial,
et nous ajustons bien nos vêtements chauds.

Mer
de nuages à Horombo
CONSEILS
POUR L'ASCENSION DU KILIMANDJARO
Aujourd'hui,
c'est le jour où nous prenons notre dose préventive
de Lariam, anti-paludéen de synthèse. Puis,
nous chargeons des provisions d'eau, car il n'y aura plus
le moindre point de ravitaillement sur le reste du trajet
: les porteurs seront obligés d'aller chercher
le précieux liquide à Horombo.
Car
l'eau est d'une telle importance vitale en altitude !
Il est capital de boire ses 6 à 7 litres par jour,
pour éviter le mal des montagnes. Nous désinfectons
chaque fois systématiquement notre boisson avec
un petit comprimé d'Hydroclonazone. Précaution
indispensable en Afrique, au Népal et toute contrée
exotique, où les sources peuvent être souillées
par des amibes ou autres germes dangereux. Avec la discipline
d'un bon rythme respiratoire durant la marche, ces quelques
conseils médicaux basiques, maintes fois mis en
pratique au cours de mes trekkings et expéditions,
m'ont permis d'éviter bien des déboires.
*
Pour plus de détails, voir [ CONSEILS
MÉDICAUX POUR EXPEDITIONS OU TREKKINGS ]
AU
PIED DU KILIMANDJARO, LE REFUGE DU KIBO (lundi)
La végétation s'est étiolée
peu à peu. Un paysage désolé, à
forte résonance métaphysique et digne d'un
parcours initiatique s'offre désormais
à nous. Nous traversons un univers minéral
et désertique, jalonné de grosses roches
volcaniques brunâtres.
Nous
avons volontairement ralenti notre pas, en avançant
toujours bien régulièrement, car l'altitude
commence légèrement à se faire sentir
sur le haut plateau. Un panorama superbe s'ouvre désormais
sur le Mawenzi et le Kilimandjaro. L'itinéraire
que nous allons emprunter demain, pour accéder
au sommet, se discerne maintenant parfaitement sur le
flanc pentu de la montagne, serpentant en lacets serrés
autour de coulées d'éboulis, vers Gilmont
Point, au col du Kilimandjaro.
|
|

Refuge
de KIbo
|
Nous
accédons sans problème au refuge de Kibo,
niché à plus de 4700 m. - presque à
l’altitude du Mont Blanc - après cinq petites
heures de marche : Cette fois, plus de hutte individuelle,
mais un vaste refuge en pierre recouvert de tôle,
style bas alpin, sans eau, avec de grands dortoirs de
douze lits.
Il
n'y a en tout que six randonneurs : ce petit nombre est
bien sûr, tout à fait exceptionnel dans ce
type de trekking,
et nous nous félicitons encore d'avoir choisi cette
époque peu courue pour tenter l'ascension du Kilimanjaro
!
Tout
en dégustant quelques délicieuses cacahuètes
grillées, je griffonne quelques pages dans mon
carnet de voyage, histoire de tuer le temps.
|
J'aimerais
maintenant dormir un peu, car le "grand" départ
pour le sommet du Kilimandjaro
est fixé à ce soir minuit. Nous allons
nous allonger dans nos sacs de couchage, mais sans envie
bien réelle. Car le jour est encore haut, et
il nous est difficile de fermer l'œil. Les 4 randonneurs
arrivent les uns après les autres, plus ou moins
crevés, certains d'entre eux présentent
même les premiers symptômes du mal des montagnes.
C'est un tohu-bohu permanent : d'aucuns sont malades
et échangent des médicaments, d'autres
essaient leurs combinaisons, déballent leurs
casse-croûtes, et tous se démènent
en entrées-sorties pipi... Car il faut bien évacuer
les abondantes quantités d'eau ingurgitées
! Bref, puisqu'il faut renoncer à somnoler, je
préfère me replonger quelques instants
dans la lecture des "Neiges du Kilimanjaro"
que j'ai amené dans mon sac... Je retrouve avec
émotion les dernières pages du livre,
où la vision astrale du Kilimandjaro, ultime
offrande d'amitié, apparaît comme le point
d'orgue bouleversant d'une symphonie.
Car
c'est demain que je pourrai contempler de près
ces neiges mystérieuses de l'Afrique équatoriale,
si bien divinisées par Hemingway, si j'atteins
le sommet du Kilimandjaro.
ASCENSION
DU KILIMANDJARO - GILMONT
POINT (mardi 6 h.)
A
onze heures du soir, branle-bas de combat. Le cook nous
apporte un breakfast plus que sommaire, et tout de suite
après, nous nous équipons pour le départ,
avec mouffles, bonnets, doudounes et surpantalons en duvet
: car la température extérieure est glaciale,
et nous savons que nous allons rencontrer un froid encore
plus terrible au cours de l'ascension, probablement du
moins vingt degrés.
A
minuit, nous quittons le refuge, atteignons la grotte
"Hans MEYER Cave" (Hans MEYER est le photographe
allemand qui, le premier, a fait l'ascension du Kilimandjaro),
et grimpons volontairement très lentement. La piste
escarpée qui rejoint Gilmont Point, se hisse en
lacets serrés vers le col. Cette sente gravelleuse
qui s'effrite sous chaque pas représente la partie
la plus raide du parcours, sans poser, il est vrai, la
moindre difficulté technique : l'ascension finale
du kilimanjaro est un trekking d'endurance moyenne sur
mille mètres de dénivelée, toutefois
dans un froid polaire entre cinq et six mille mètres
d'altitude. |
|

Mer de nuage à Gilmont point
|
Nous
montons posément, respirant profondément
et rythmant bien notre souffle sur nos pas, selon une
technique éprouvée.
Il
fait nuit noire, et nous repérons notre chemin
à la frontale. BRYSON a soudain un sérieux
ennui avec sa lampe électrique qui vient de flancher.
Est-ce la contrariété qui le déstabilise
ou bien le manque d'oxygène ? Toujours est-il que
l'infortuné guide se plaint de maux de tête,
et vomit à deux reprises. J'espère que cela
ne posera pas trop de problèmes pour aller jusqu'au
sommet ! Je sors de mon sac une pile de secours, et la
torche de l'accompagnateur remise en état, nous
poursuivons l'ascension. À l'approche du jour,
la nuit devient un peu moins sombre...
|
| Vers
six heures, nous atteignons Gilmont Point, sans avoir
vraiment pris conscience que nous en avons fini avec le
plus gros de l'effort. Nous sommes accueillis à
la brèche par une aurore resplendissante dont l'or
éclabousse déjà l'obscurité
du ciel.
L'astre flamboyant, qui vient à peine d'émerger
à l'orient, embrase peu à peu l'horizon
de lueurs pourpres. Les rayons resplendissants, teintent
de couleurs irisées l'océan nébuleux
qui se développe à perte de vue à
nos pieds. Nous sommes fascinés par ce panorama
grandiose, envahis au plus profond par des vibrations
inconnues. Un lever du soleil est toujours un spectacle
magique, avec de puissantes résonances émotionnelles.
Mais celui-ci, s'étendant sur les ciels immenses
de l'Afrique, éveille en nous un enchantement surnaturel.
SOMMET
DU KILIMANDJARO - UHURU PEAK (mardi 8 h.)
Après
quelques minutes de halte au col, nous reprenons route
vers l'Uhuru Peak, sommet du Kilimandjaro. Voici qu'apparaissent
les premières neiges, dures, mates et gelées.
Nous suivons une piste étroite tantôt rocheuse,
tantôt marquée d'empreintes de pas verglacées
dans d'humbles reliquats de névés, ces neiges
qui ne veulent pas mourir. Le parcours est assez long,
mais extrêmement aisé, avec très peu
de dénivellée. Le tracé surplombe
des pentes neigeuses sales et abruptes, qui plongent vers
un fond de cratère encore sombre.
L'aube
s'estompe doucement, laissant place au jour, et un
décor fantastique s'allume graduellement,
éclairant du même coup notre chemin intérieur
de connaissance : cette
expérience inspirée a densifié notre
énergie, et, exaltant les richesses de l'âme,
nous aide à ressentir mieux ce que nous sommes
vraiment. Tout autour de nous, le paysage évoque
enfin la haute montagne.

Jean-Christian
MICHEL au sommet du Kilimandjaro
Nous arrivons enfin au sommet de l'Uhuru Peak, où
un panneau de bois nous confirme l'altitude de 5.895 m.
- il manque à peine 105 mètres pour faire
les 6.000 ! - et nous félicite même de "l'exploit".
TYSON
a récupéré, tout le monde s'embrasse,
heureux d'avoir réussi. L'épreuve, une fois
surmontée, permet de mieux intégrer l'ascèse
physique et spirituelle de l'ascension.
Je suis bouleversé par la magnificence du panorama.
Mais un sentiment plus profond, plus mystique m'envahit
et me renvoie à la réflexion
philosophique. En ce lieu interdit à la civilisation,
mes pensées s'envolent loin des petites tracasseries
de la vie quotidienne. Comme chaque fois où je
suis arrivé à un sommet, mon esprit veut
s'emparer de l'immensité de l'Espace, de l'Infini
du Temps, de la diversité des respirations rythmiques
du monde. Je reçois une Musique
sublime qui vibre aux confins de l'Ailleurs... Nous accédons
à la grandeur sacrée du Kilimandjaro.
LES
NEIGES DU KILIMANDJARO - GLACIER
DU KILIMANDJARO |
|

Les
neiges du Kilimandjaro :
un féerique glacier
|
À
droite le cratère enneigé du volcan... Mais
l'éblouissante surprise de l'ascension est la découverte
de ce glacier au sommet ! La prodigieuse muraille de cristal
bleuté, se déploie au dessous de nous, encore
frippée dans la pâle lumière du matin.
Sa magnificence transcende totalement l'idée que
chacun peut se faire de la pureté virginale des
neiges du Kilimanjaro.
On
a du mal à imaginer pareil joyau... Je suis complètement
bluffé, transporté. La glace, en se sublimant
sous l'effet de l'intense rayonnement solaire de la journée,
a sculpté avec la complicité du vent, de
fines arêtes prismatiques et des aiguilles acérées
translucides, d'une incroyable beauté.
|
C'est
vrai, j'ai eu l'occasion de contempler de somptueux glaciers,
implacables et gigantesques fleuves de glace en Himalaya
! Mais ici, je reste interdit devant l'allure de ces neiges
mythiques, que le temps a compacté et stylisé
en féeriques grandes
orgues de glace.
...
Il faut maintenant songer à redescendre. Car ce
soir nous devons rejoindre Horombo Hut, bien en dessous
du refuge de Kibo Hut !
RETOUR DU KILIMANJARO À KIBO ET DESCENTE À
HOROMBO HUT
En
quelques heures, nous sommes passés d'un froid
polaire, à une chaleur brûlante. Le soleil
d'Afrique, qui s'est maintenant levé haut dans
le ciel, nous deshydrate et nous calcine.
Nous
regagnons sans encombre Gilmont Point, en faisant attention
à ne pas glisser dans les déclivités
gelées. Puis nous choisissons de dévaler
directement dans les éboulis, et c'est une degringolade
très rapide. Nous abandonnons ainsi, en talonnant,
cinq cents mètres d'altitude en un rien de temps,
et nous nous retrouvons avant 10 heures à Kibo
Hut.
Quelques personnes sont là, au refuge, qui nous
félicitent et nous offrent une bière bien
fraîche. Je bois d'une traite pour étancher
ma soif avec un plaisir évident, remercie de la
gentillesse de l'accueil. Puis je me rends au dortoir
pour changer mes gros vêtements d'altitude contre
une tenue plus adaptée, enfiler des baskets et
remettre un peu d'ordre dans mes affaires : Mon sac est
trempé et encore plein de glace : une bouteille
d'eau en plastic a gelé et explosé pendant
la montée.
Le
ciel se couvre brusquement,
le froid réapparaît, et je propose à
TYSON de descendre rapidement à Horombo. Nous mettons
à peine deux petites heures, ce qui est très
court d'après lui. Nous allons prendre un thé,
qui se réduit cette fois-ci à un comprimé
d'Efferalgan dissous dans une sorte d'infusion tiède
et sucrée.
La fatigue se fait sentir, et il faut accepter de décompresser
: la
journée aura été dure, nous avons
marché une douzaine d'heures depuis... hier minuit,
et presque vingt depuis deux jours. J'ai sommeil maintenant,
je vais aller dormir !
FIN
DU TREKKING AU KILIMANDARO : RETOUR À MARANGU GATE
(mercredi)
Après
une bonne nuit réparatrice, un porteur me réveille,
en m'apportant une cuvette d'eau tiède pour me
raser. Je saisis l'occasion pour un nettoyage un peu plus
complet.
Petit
déjeuner, descente très simple et brève
à Mandara Hut, ou nous absorbons un pique-nique
des plus rudimentaires : parfois, nous nous demandons
à quoi sert le cuisinier, car cette fois-ci, c'est
un repas composé d'un œuf dur, de conserves
et de fruits.
Puis nous regagnons Marangu gate, d'un pas rapide, salués
au passage par deux ou trois singes bleus qui s'ébrouent
dans le feuillage. Après le marchandage usuel pour
le pourboire "obligatoire" du guide (nous le
donnons bien volontiers !), les traditionnels diplômes
d'accès aux neiges du Kilimandjaro nous sont remis...
Voilà
! Le retour à Marangu Gate, met fin à notre
ascension du Kilimandjaro. La marche d'approche a été
courte, la montée au sommet n'a posé aucun
problème, et quant à la descente, une journée
aurait suffi. Au faîte du vieux et majestueux volcan,
nous avons célébré l'éclatante
blancheur des "neiges du Kilimandjaro"... Mais
la montagne sacrée nous a offert une bien plus
incomparable surprise : la splendeur de cet insolite glacier,
dont il faut savoir, hélas, qu'il ne sera plus
là dans les dix à quinze ans à venir.
DEUX
JOURS À MOSHI (mercredi-jeudi)
Un
4 x 4 nous attend pour nous rapatrier au Capricorn Hôtel.
Nous retrouvons avec plaisir ses jardins agencés
avec soin et planté d'essences rares. Après
avoir bu un délicieux cocktail de jus de melon
et de mangue sur la terrasse garnie de quelques touristes
riches et vieux, nous montons dans notre chambre prendre
une douche bienfaisante et réellement nécessaire.
Il
fait toujours beau, avec un temps tiède et agréable.
Car, miracle, la pluie redoutée n'est pas encore
apparue ! Nous nous décidons à aller faire
un petit tour dans le centre-ville de Moshi, où
il n'y a d'ailleurs pas grand chose à voir ni acheter.
Le folklore se limite à quelques vendeurs de cacahuètes
ou de café, à un rémouleur moyen-âgeux
comme il n'en existe plus aujourd'hui, et des étals
de quincaillerie agricole sans grand intérêt.
Le soir, nous dînons merveilleusement bien. C'est
un repas exotique avec byriani, royal fish, et délicieuse
salade de fruits tropicaux. Le farniente a du bon, après
ces quelques jours de randonnée au Kilimandjaro
! Puis, nous allons essayer de dormir, toujours en guerre
ouverte avec les moustiques.
Après
avoir rangé nos sacs et pris un attrayant petit
déjeuner, nous sommes prêts à lever
le camp. La Rover nous emmène à la gare
routière de Moshi, où nous prenons péniblement
place dans un autocar préhistorique archi-bondé,
pour rejoindre Arusha, mêlés aux gens du
pays : nous payons trois places pour pouvoir caser nos
deux "énormes" bagages. Nous traversons
des paysages verdoyants de bananeraies, de caféiers
et de champs de maïs, et une heure plus tard, nous
voici arrivés.
NI PHOTOS NI DIAPOS DU KILIMANDJARO À ARUSHA !
SAFARIS EN TANZANIE
Nous dégottons un ravissant petit hôtel,
dans un joli jardin des quartiers résidentiels
de la ville. Arusha est la capitale de la région
d'Arusha, en Tanzanie. L'eau et l'électricité
marchent épisodiquement, c'est un peu difficile
lorsqu'on est couvert de savon sous la douche... Mais
notre sympathique hôtesse nous explique que c'est
partout pareil à Arusha et que ça arrive
plusieurs fois par jour !
Le
soir nous dînons dans un ambiance qui rappellerait
l'époque "coloniale". Des grillades au
barbecue et un cadre charmant nous rendent le séjour
finalement très sympathique.
The Outpost Hotel à Arusha
Nous
allons traîner en ville, mais nous n'y trouvons
toujours rien de bien excitant, si ce n'est un petit "bistrot"
français qui nous propose de délectables
jus de fruits, préparés avec originalité.
Difficile
en effet de trouver quelque chose à Arusha : pratiquement
pas de cartes postales, ni même de diapos ou photos
du Kilimandjaro ! La vraie ressource de la Tanzanie
est la virginité sauvage de ses magnifiques paysages.
Aussi, les agences proposant trekkings, safaris divers
et ascension du Kilimandjaro foisonnent à chaque
coin de rue.
Dédaignant
les statues "d'ébène", les pierres
"précieuses" et autres bimbeloteries
touristiques fabriquées en usine, nous faisons
l'acquisition de quelques batiks originaux. Par chance,
nous trouvons même une jolie statuette érotique
artisanale en pierre à savon.
Soudain,
une brutale et terrible averse s'abat sur nous. C'est
la première fois que l'eau tombe en grande quantité
depuis notre arrivée en Tanzanie, et nous nous
réjouissons d'avoir échappé à
ce genre de déluge lors de l'ascension du Kilimandjaro.
La pluie est tiède. L'orage détrempe le
sol en quelques minutes. Mais, comme toute ondée
tropicale, sa violence ne dure heureusement pas très
longtemps. |
|

Case
à Ngiresi aux environs d'Arusha
|
De
jeunes tanzaniens nous harponnent sans arrêt pour
nous proposer un peu tout et n'importe quoi : de petits
objets, tam-tams, verroterie, poteries ou même des
safaris-animaux au parc du Serengeti. À vrai dire,
nous ne sommes pas très intéressés
par les pièges à touristes. Mais nous pouvons
comprendre tous ces pauvres gosses ! Nous sommes hors
saison, et la période peu propice au commerce,
leur insuffle une redoutable hardiesse pour essayer de
vendre quelque chose !
Nous
profitons de notre court séjour à Arusha,
pour aller visiter Ngiresi, village massaï typique,
planté au sein de bananeraies, sur les pentes du
Mont Meru, dans une jolie perspective de montagne.
|
Le chauffeur
de taxi qui nous y emmène découvre l'endroit
en même temps que nous. Il parle français,
il est ravi, et pourra proposer la ballade à
d'autres personnes. La route est défoncée,
et notre pauvre conducteur a bien du mal à parvenir
au hameau.
Puis,
c'est le retour en France. A peine avons nous quitté
Kili Airport, que les "imprévus obligés"
ne tardent pas à arriver : pour je ne sais quelle
raison, nous sommes détournés vers le
sud par Dar es Salaam. Nous y perdons l'après-midi.
Par bonheur un repas nous est finalement servi, et nous
décollons enfin à minuit.
Nous
nous en faisons une raison, ce n'est pas grave... Car
ces malencontreux épisodes de changement d'horaire
ou de cap, sont monnaie courante dans les contrées
en voie de développement : il m'est ainsi arrivé
de rester bloqué 24 heures en Inde ou au Népal...
Rentrée au bercail enfin, via Amsterdam et Nice.
LE
KILIMANDJARO MONTAGNE SACRÉE

Kilimanjaro,
montagne sacrée
Le vieux et imposant volcan appartient aux montagnes
mythiques de la terre, et la sérénité
des neiges du Kilimandjaro a doucement infiltré
notre cœur. Le Kilimandjaro, comme les hauts lieux
de la planète est un espace magique où
souffle l'esprit, un endroit sacé qui impose
un respect absolu. Le dôme ne s'appelle-t-il pas
dans le pays massaï, "Masai Ngaje Ngai",
demeure des dieux ?
Car l'ascension
du Kilimandjaro ne relève pas du seul modeste
exploit physique : l'itinéraire mythique vers
ses neiges secrètes
participe aussi d'une meilleure compréhension
du sens de la vie. Fenêtre ouverte sur nous-mêmes,
il nous offre la chance d'intégrer
au monde profane sa dimension
spirituelle.
Le
simple spectacle du glacier justifie l'ascension facile
du sommet. En effet, il n'est pas nécessaire
d'être alpiniste chevronné pour envisager
ce trekking : avec de la volonté, un bon entraînement
et un minimum de connaissance de la montagne, le Kilimandjaro
est sans doute accessible à chacun dès
l'âge de dix ans... Récemment, un petit
groupe de handicapés est même allé
jusqu'au bout de son rêve, en réussissant
l'ascension de la cime.
Je
me prends alors à penser qu'un grimpeur quelque
peu endurci doit pouvoir faire l'ascension du Kilimandjaro,
en trois jours aller et retour, à partir de Marangu
Gate. Naturellement, sans guide ni cuisinier, si la
loi tanzanienne venait à l'autoriser !
Car,
quelles que soient les raisons les plus louables invoquées,
je suis horrifié par la mainmise des pouvoirs
sur un quelconque patrimoine de l'humanité :
La nature n'appartiendrait-elle plus à tout le
monde ?
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