|
De
tous les amis de Jean-Christian MICHEL, bien peu se rappellent
l'émouvant éveil de sa vocation qui précéda
son fabuleux destin. Seuls, quelques camarades se souviennent
de ce garçon solitaire qui s'en allait auprès de
l'orgue rejoindre son ami "le
vieil aveugle", pendant qu'eux-mêmes jouaient au ballon
dans les terrains vagues.
INITIATION
À LA MUSIQUE
Jean-Christian MICHEL confesse difficilement ses souvenirs d'enfant
: "Ce maître de
l'orgue faisait résonner en moi des accords qui m'éblouissaient...
Je voyais ses yeux, parfois mouillés de larmes, son front
levé vers un monde qui m'échappait encore. Il me
parlait tout en jouant, et ses notes sont restées pour
moi ces perles ruisselantes sur les rides de son visage. C'est
ainsi que commença mon initiation à la musique d'orgue".
Un
jour le vieil homme partit et sombra peu à peu dans l'oubli...
Mais Jean-Christian MICHEL demeurait hanté par l'image
sereine et obsédante du compositeur,
poursuivi par les volumes écrasants de l'orgue
de l'église, qui, désormais se multipliaient
de jour en jour, se répercutaient en lui, l'envahissaient.
INITIATION
A LA MUSIQUE CLASSIQUE : LA CLARINETTE
Jean-Christian MICHEL sentit la nécessité d'une
issue, d'un son clair et chaud qui le délivrerait de ce
chaos merveilleux de l'orgue.
C'est pour cela qu'il se consacra à la clarinette.
Etrange
et fabuleux destin que celui de Jean-Christian MICHEL...
Bachelier
à seize ans, chirurgien
à vingt-sept, il n'a pu échapper à l'irrésistible
appel de la Musique, puis à
la fièvre mystérieuse de la création, et
à la terrible nostalgie de son enfance :
C'est
pourquoi, est né ce frisson hallucinant qui est un adieu
à l'homme aux yeux vides.
d'après
Edward J. ALLARD (New Music Review |