INTERVIEW
DE LA CHARENTE LIBRE
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Une
vraie star de la clarinette et c'est
pas du pipeau. A soixante-huit ans, Jean-Christian Michel, voix
claire et souffle long, a un palmarès digne de Zinedine
ZIDANE : trois disques de diamant, sept disques de platine, une
dizaine de disques d'or.
De quoi faire rêver, voire saliver de jalousie les musiciens
people de la génération variété kleenex.
Samedi soir, le clarinettiste star des
années 60-80, qui s'enorgueillit d'avoir vendu à
une époque plus d'albums que les Beatles,
rien que ça, sera devant l'autel de l'église Saint-Antoine,
à Cognac, pour un concert de clarinette.
La
Charente Libre - Ne jouez-vous que dans des églises?
-
Jean-Christian Michel
Je joue principalement dans des églises.
Ce sont les lieux que je préfère. Pour l'acoustique,
notamment. Mais c'est aussi un lieu qui permet l'intériorisation,
et de mieux recevoir la musique.
Dans une église, on est à l'abri, on peut s'évader
du monde et du temps. Mais j'ai aussi fait récemment une
dizaine de concerts au théâtre des Champs-Elysées,
en plein air et sous chapiteau aux Etats¬Unis. Mais à
90%, mes concerts ont lieu dans des églises.
La Charente Libre - Pourquoi cette relation intense, ténue,
à la spiritualité, à Dieu?
-
Jean-Christian Michel
C'est une quête d'absolu. Pour moi, il y a une
relation entre l'intimité
de l'homme et l'infini de l'univers! L'homme est soumis aux
vibrations de l'univers, et inversement.
La Charente Libre - Quel est votre style de musique? Qu'est-ce
qui vous inspire?
-
Jean-Christian Michel
Un jour, Ray CHARLES a
dit: "Dans ma musique, j'ai compilé tout ce que j'aime".
J'ai eu la même démarche. Ma musique,
c'est la synthèse de tout ce que j'aime. Du baroque, et
notamment BACH qui pour moi est le plus
grand compositeur de tous les temps. Mais aussi du jazz,
du gospel, qui n'ont rien à voir
avec la musique classique, si ce
n'est la base harmonique. Mais dans le rythme, les pulsations,
l'expression, c'est extrêmement intéressant.
La Charente Libre - Depuis quand tournez-vous?
- Jean-Christian Michel
Environ 40 ans. Mon tout premier
concert était en 1966.
A
la fin des années 80, vous avez disparu de la circulation.
Que s'est-il passé?
-
Jean-Christian Michel
Je n'ai pas disparu de la circulation, mais de la scène
médiatique. J'ai joué à l'étranger,
je me suis ressourcé pour composer,
prendre de la distance.
En général, les médias vous oublient vite
et il est très difricile de se rappeler à eux. La
médiatisation crée les modes et à la télé,
que ce soit en politique, musique ou
show-business, on voit toujours les mêmes.
La
Charente Libre - Et désormais, le synonyme de clarinette,
c'est Christian Morin.
-
Jean-Christian Michel
On l'a beaucoup vu à un moment où il était
animateur à la télévision. Mais on en n'entend
plus parler depuis très longtemps.
La Charente Libre -
Sur votre site internet, vous êtes
d'ailleurs très critique envers la presse.
-
Jean-Christian Michel
Pas envers la presse ! Mais
j'en ai beaucoup après les producteurs de télévision
qui ne sont là que pour faire de la soupe et du fric.
Charente Libre - Vous dites aussi que
vous avez vendu plus de disques que
les Beatles...
-
Jean-Christian Michel
A une époque oui ! Une année, j'ai même
trusté les trois premières places du hit-parade
avec trois albums différents! J'étais devant les
Beatles et Hallyday au hit-parade.
LA Charente Libre - Pourquoi la clarinette,
et pas plutôt l'orgue ou la guitare
?
-
Jean-Christian Michel
J'aime tous les instruments. La clarinette
exacerbe les émotions, elle est dans le prolongement du
souffle de l'homme. On peut la faire rire, pleurer, chanter. C'est
un instrument dynamique.
Vendredi
9 février 2007 • La Charente libre |